Le régime qui encadre les exportations congolaises de cobalt court jusqu'à la fin de 2027, et son volume annuel est fixé à 87 000 tonnes de cobalt métal contenu, auxquelles s'ajoutent 9 600 tonnes laissées à la discrétion de l'État. Le président de l'Autorité de régulation et de contrôle des marchés des substances minérales stratégiques, Patrick Mpoyi Luabeya, a indiqué ne pas prévoir de modifier ces volumes dans les mois à venir, tout en laissant une porte ouverte.
" Si le déséquilibre entre l'offre et la demande persistait ou s'aggravait, une réduction des quotas d'exportation pourrait être envisagée ", a-t-il déclaré à la publication spécialisée Fastmarkets.
Du moratoire aux quotas
La République démocratique du Congo, premier producteur mondial de cobalt, avait d'abord suspendu ses exportations. Ce moratoire a couru de février à la mi-octobre 2025.
Il a été remplacé, à partir du 16 octobre 2025, par un système de quotas annuels répartis en allocations mensuelles. Le reste de l'exercice 2025 a été plafonné à 18 125 tonnes. Pour 2026, l'enveloppe totale s'élève à 96 600 tonnes, dont 87 000 réparties entre les producteurs au prorata et 9 600 sous contrôle discrétionnaire du régulateur. Le cadre est maintenu pour 2027, avec possibilité d'ajustement.
Ce que l'instrument cherche à produire
La logique est celle d'un pays qui détient l'essentiel d'une ressource et qui tente d'en peser le prix. Un producteur dominant qui limite ses volumes resserre l'offre mondiale et soutient les cours.
Le pari comporte deux risques connus. Le premier est budgétaire : moins de tonnes exportées signifie, à prix constant, moins de recettes. Le second est industriel : un prix durablement élevé encourage les acheteurs à chercher d'autres sources ou d'autres chimies de batteries.
C'est le même objectif de maîtrise de la chaîne de valeur que le ministre des Mines défendait au Caire le 29 septembre, en plaidant pour la conversion du potentiel minier en investissements et en valeur ajoutée.
Un quota ne vaut que par son contrôle
Un plafond d'exportation suppose que l'on sache ce qui sort du pays. C'est précisément ce que la traçabilité congolaise peine à garantir, comme le montrent les travaux sur la filière cobalt et le travail des enfants.
Pour l'Est du pays, la question est encore plus directe : des minerais extraits sous contrainte armée et mélangés en cours de route échappent par construction à tout contingentement.
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