L'ancien président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila, a lancé une nouvelle offensive verbale contre la gouvernance de Félix Tshisekedi. Dans une adresse rendue publique ce vendredi 9 octobre 2026, il dénonce ce qu'il considère comme une dérive autoritaire du pouvoir actuel et remet en cause les acquis institutionnels du pays depuis l'alternance politique de janvier 2019.
" Notre pays n'est plus une république, encore moins démocratique ", affirme Joseph Kabila, dans une déclaration qui place une nouvelle fois la question du fonctionnement des institutions au centre du débat politique congolais.
L'ancien chef de l'État reproche au pouvoir actuel de privilégier la volonté personnelle du président au détriment de la Constitution. Sans le nommer explicitement dans les propos rapportés, il compare le dirigeant congolais à Ivan le Terrible et l'accuse de traiter le pays comme une " propriété privée ".
*Une bataille autour du bilan des deux présidences*
Pour étayer ses critiques, Joseph Kabila oppose la situation actuelle à sa propre appréciation du bilan de ses dix-huit années au pouvoir. Il rappelle qu'à son arrivée à la tête du pays, en janvier 2001, la RDC se trouvait, selon lui, dans un " état de déliquescence totale ".
Il affirme avoir transmis, le 24 janvier 2019, un pays " réunifié, largement pacifié ", doté d'institutions fonctionnelles, d'une économie " dynamique et résiliente " et d'une armée " de plus en plus professionnelle ".
L'ancien président estime que ces acquis sont désormais menacés et que l'existence même de la RDC en tant que nation et État est de nouveau fragilisée.
Ce discours ouvre ainsi un front politique autour de l'héritage de l'alternance de 2019. Alors que Joseph Kabila défend le bilan de son passage au pouvoir, il présente la présidence de Félix Tshisekedi comme une rupture négative dans l'évolution institutionnelle du pays.
*Des accusations qui appellent des réponses*
Les déclarations de Joseph Kabila portent sur des enjeux majeurs de gouvernance : le respect de la Constitution, l'équilibre des pouvoirs et le fonctionnement des institutions démocratiques. Toutefois, ses appréciations sur son propre bilan et sur celui de son successeur constituent une lecture politique qui doit être confrontée aux faits et aux arguments des différentes parties.
La présidence de Félix Tshisekedi n'est pas citée ici comme ayant répondu à ces accusations précises. Une réaction officielle permettrait de compléter le débat et de présenter les arguments du pouvoir en place.
Au-delà de l'affrontement entre les deux hommes, cette nouvelle sortie remet en lumière une question fondamentale pour la RDC : comment garantir le respect des institutions et des principes démocratiques dans un contexte marqué par des tensions politiques et une crise sécuritaire persistante ?
En contestant la légitimité démocratique de la gouvernance actuelle, Joseph Kabila ne se contente pas de critiquer son successeur : il engage aussi une bataille politique autour de l'interprétation de l'histoire récente du pays et de l'héritage de l'alternance de 2019.
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