Dans une déclaration rendue publique mercredi 21 octobre 2026, elle accuse les autorités kényanes de favoriser les activités politiques de personnalités qu'elle considère comme impliquées dans la déstabilisation de la République démocratique du Congo.
La structure citoyenne reproche notamment à Nairobi d'avoir accueilli plusieurs rencontres réunissant des acteurs politiques proches de l'ancien président Joseph Kabila et de ses alliés, dans un contexte marqué par la persistance des violences armées dans l'est de la RDC.
Selon la coordination provinciale, ces réunions auraient bénéficié de la facilitation des autorités kényanes, sous la présidence de William Ruto. Elle estime que l'accueil de telles rencontres constitue une attitude hostile aux intérêts de la RDC, compte tenu de la situation sécuritaire dans les provinces orientales du pays.
La société civile accuse également les autorités kényanes d'offrir un cadre de concertation à des personnalités dont elle conteste les initiatives politiques et les liens présumés avec des mouvements rebelles.
Elle considère que cette situation compromet les efforts diplomatiques engagés pour rétablir la paix et porte atteinte aux intérêts de la population congolaise, particulièrement celle du Nord-Kivu, confrontée depuis plusieurs années aux violences armées et aux déplacements forcés.
Dans sa déclaration, la coordination provinciale affirme que les rencontres organisées à Nairobi auraient notamment conduit à l'annonce de la création d'une nouvelle structure armée parallèle à la coalition AFC/M23.
Elle présente cette initiative présumée comme une manuvre destinée à détourner l'attention de l'opinion publique, à contourner les mécanismes diplomatiques régionaux et à compromettre l'application de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies.
Cette résolution, adoptée en février 2025, exige notamment la cessation des hostilités par le M23 et le retrait des forces rwandaises du territoire congolais.
La société civile du Nord-Kivu s'inquiète également de la poursuite des recrutements forcés qu'elle attribue aux groupes armés actifs dans la région. Selon elle, ces pratiques aggravent l'insécurité et la crise humanitaire, particulièrement dans les zones affectées par les combats.
Face à cette situation, la coordination provinciale appelle la population congolaise à se désolidariser des initiatives qu'elle considère comme favorables aux mouvements rebelles.
Elle demande parallèlement aux services de sécurité de renforcer la surveillance des frontières afin de prévenir d'éventuelles infiltrations et de protéger l'intégrité territoriale de la RDC.
La principale revendication de la structure reste toutefois diplomatique. Elle exhorte Kinshasa à suspendre ses relations avec Nairobi, estimant que le Kenya ne peut continuer à accueillir des rencontres qu'elle juge contraires aux intérêts sécuritaires de la RDC.
Les accusations de facilitation de ces réunions et de soutien à des initiatives hostiles à Kinshasa sont formulées par la société civile du Nord-Kivu. Les éléments disponibles ne permettent pas d'établir indépendamment une implication des autorités kényanes dans la création d'une nouvelle branche armée.
Cette déclaration intervient alors que les relations entre les États de la région des Grands Lacs restent affectées par la crise sécuritaire dans l'est de la RDC et les divergences sur les moyens d'y mettre fin.
Azarias Mokonzi
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