La note de conjoncture économique de la Banque centrale du Congo projette le produit intérieur brut par habitant à 1 115,2 dollars en 2026, contre 865,7 dollars en 2025, soit une progression de 28,8 % en un an. Le pays franchirait ainsi le seuil des 1 000 dollars pour la première fois depuis 1991, rapporte l'Agence congolaise de presse le 19 octobre 2026.
La même note projette le PIB nominal à 122,7 milliards de dollars, contre 92,2 milliards en 2025, soit une hausse de 33,1 %. Pour mémoire, l'agrégat était de 46,6 milliards en 2020, de 70,4 milliards en 2022 et de 77,5 milliards en 2024.
Ce que mesure ce chiffre, et ce qu'il ne mesure pas
La banque centrale explique la progression par trois facteurs : la croissance des volumes produits, la hausse des prix intérieurs, et un effet de valorisation lié à l'appréciation du franc congolais au dernier trimestre 2025. Ce troisième élément est décisif pour lire le chiffre correctement.
Un PIB par habitant exprimé en dollars monte mécaniquement quand la monnaie nationale se renforce, sans qu'une seule tonne de cuivre supplémentaire ait été extraite. La note ne publie pas de taux de croissance réelle pour 2026 : elle indique seulement que la progression nominale lui est nettement supérieure. Le taux d'inflation retenu, le taux de change de la projection et la population de référence ne sont pas davantage précisés.
Le chiffre dit donc une chose exacte et limitée : la taille de l'économie congolaise, mesurée en dollars courants, a changé d'ordre de grandeur. Il ne dit pas de combien le pouvoir d'achat d'un ménage de Kananga ou de Kalemie a progressé.
Trente-cinq ans pour revenir à 1991
La série historique citée par la banque centrale est le véritable sujet. Le PIB par habitant congolais était de 2 730,7 dollars en 1980. Il tombe à 1 120,9 dollars en 1991, puis s'effondre à 257,3 dollars en 1994 et à 159,5 dollars en 2000, au plus fort des guerres. La remontée est lente : 427,4 dollars en 2012, 630,3 en 2021, 751,2 en 2024, 865,7 en 2025.
Au niveau projeté pour 2026, le pays reste inférieur de près de 60 % à ce qu'il était en 1980. Le seuil franchi est donc celui d'un retour, pas celui d'un record. Il n'en est pas moins le premier depuis une génération, et il intervient alors que l'État affronte simultanément une agression à l'Est, une épidémie dans huit provinces et un déficit budgétaire de 533,2 milliards de francs au 8 octobre.
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