Les agents du Service d'assistance et d'encadrement de l'exploitation minière artisanale et à petite échelle ont bloqué l'accès à leurs bureaux de Kindu et brûlé des pneus devant les installations le mercredi 7 octobre 2026. Ils réclament le paiement de salaires impayés et annoncent ne pas reprendre le travail avant d'être payés, rapporte Radio Okapi.

Deux, cinq ou douze mois selon l'agent

Le trait le plus révélateur du mouvement est l'absence de chiffre unique. Certains agents réclament deux mois, d'autres cinq ou plus, d'autres douze.

Le porte-parole de circonstance des travailleurs, Marcel Kasongo Tambwe, le dit sans détour. " Il n'y a pas de données fixes et communes à tout le monde ", explique-t-il.

Une dette salariale qui varie d'un agent à l'autre dans le même bureau décrit un système de paie qui ne fonctionne pas par échéance, mais par versements partiels et discrétionnaires.

" Nous réclamons ce qui nous est dû ", ajoute-t-il, et " nous trouvons que la patience a des limites ".

Ce que fait le SAEMAPE, et pourquoi son arrêt compte

Le service encadre l'exploitation artisanale : il identifie les creuseurs, suit les zones d'exploitation artisanale, veille aux conditions de travail et alimente les statistiques de production du secteur.

Son arrêt dans une province minière retire donc le seul dispositif public présent sur les chantiers. C'est aussi celui qui est censé documenter ce qui s'y passe.

L'État a pourtant placé l'encadrement de l'artisanat minier au rang de priorité. Une commission ad hoc a été installée en septembre 2025 pour cet objet, et le gouvernement a annoncé en décembre renforcer cet encadrement et la lutte contre la fraude.

Ce que l'absence d'encadrement produit sur le terrain

Les conséquences d'un vide de surveillance sont documentées. Sept corps ont été repêchés dans une ancienne fosse non rebouchée au Lualaba, alors que le Règlement minier impose depuis 2018 de boucher ou de clôturer les excavations abandonnées.

La présence de l'État sur les sites a par ailleurs été l'objet d'une instruction présidentielle. Le chef de l'État a exigé en juillet la fin immédiate de la présence illégale des militaires et policiers sur les sites miniers, ce qui suppose un service civil en état de fonctionner à leur place.

Le suivi des substances précieuses dépend du même maillon. La Commission nationale des droits de l'homme recense 16 845 enfants dans les mines de cobalt, un comptage que seul un service de terrain peut affiner.

Aucune réponse de la direction

Les agents disent avoir saisi les instances compétentes et rappelé la question au directeur général. Ils déplorent qu'aucune réaction ne soit intervenue malgré des démarches répétées.

Aucune réponse officielle n'a été communiquée, ni par la direction générale ni par le ministère des Mines.

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