La ministre d'État, ministre des Affaires étrangères, Coopération internationale, Francophonie et Diaspora congolaise, Thérèse Kayikwamba Wagner, s'est entretenue le mardi 3 novembre 2026 à Paris avec Jean-Noël Barrot, ministre de l'Europe et des Affaires étrangères de la République française.

Les échanges ont porté sur les sujets d'intérêt commun et les perspectives de renforcement de la coopération bilatérale, ainsi que sur le prochain mandat de la MONUSCO et la situation sécuritaire dans l'Est de la RDC. La cheffe de la diplomatie congolaise a réaffirmé la volonté de la RDC de bâtir un partenariat solide avec la France.

Le même jour, deux capitales

La rencontre parisienne n'était pas le seul contact franco-congolais de la journée. À Kinshasa, le même mardi 3 novembre, le vice-Premier ministre de l'Intérieur Jacquemain Shabani présidait une séance de travail bilatérale avec une délégation française, consacrée au renouvellement du mandat de la MONUSCO et à la prise en compte des besoins humanitaires des populations déplacées. Deux réunions, deux capitales, un même dossier et une même date.

Le choix de l'interlocuteur se lit dans le calendrier. Le mandat de la MONUSCO expire le 20 décembre : quarante-sept jours séparaient la rencontre de Paris de cette échéance. La France est membre permanent du Conseil de sécurité, l'organe qui votera le renouvellement. Elle dispose donc d'une voix et d'un droit de veto sur le texte qui sera soumis.

Paris occupe une seconde position dans le dossier régional. La France préside le Groupe de contact international pour la région des Grands Lacs, dont les onze signataires ont rejeté le 30 octobre la poursuite d'objectifs politiques par les armes, en visant nommément le Front pour la refondation de la nation.

Un canal ouvert depuis octobre

Les deux ministres se connaissent sur ce dossier. Le 2 octobre à Kinshasa, Jean-Noël Barrot avait été reçu par le président Félix Tshisekedi à la Cité de l'Union africaine, pour des échanges portant déjà sur la coopération bilatérale, la situation sécuritaire dans l'Est et la riposte contre Ebola. Le chef de la diplomatie française s'était ensuite rendu à Bunia, en Ituri.

Cette visite avait produit un acte. Une déclaration d'intention signée le même jour engageait plus de 1,3 million d'euros sur la période 2026-2028 pour l'accès à la justice des victimes de violences sexuelles en zones de conflit, en appui au Fonds national de réparation des victimes.

La demande congolaise sur le mandat, elle, est posée depuis le 22 octobre. Réunis à Kinshasa avec la délégation de James Swan, le gouvernement avait fait de la protection des civils la priorité absolue du futur mandat. Thérèse Kayikwamba Wagner prenait part à cette réunion.

Ce que porte la démarche congolaise

Les besoins invoqués sont chiffrés. Au troisième trimestre, l'ambassade britannique recensait 500 000 personnes de plus en phase d'urgence alimentaire dans l'est du pays, et 277 461 ménages affectés par des déplacements. Sur le volet sécuritaire, l'envoyé spécial des Nations unies chiffrait 2 186 violations des droits humains en six mois devant le Conseil de sécurité.

Le calendrier diplomatique congolais s'organise autour de la même date. La XIIIᵉ Conférence diplomatique se tiendra du 7 au 11 décembre à Kinshasa, et se clôturera neuf jours avant l'expiration du mandat.

La publication du ministère ne précise pas le lieu de l'entretien, sa durée, ni la composition des deux délégations. Elle ne détaille pas les volets de la coopération bilatérale évoqués, ni les positions françaises sur le contenu du futur mandat. Aucune déclaration française n'a accompagné la rencontre.

Rédaction

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