Le 29 juillet de chaque année, l'humanité commémore la journée mondiale contre la traite des personnes. A l'occasion de cette journée, le cabinet du Chef de l'Etat à travers la Coordination en Charge de la Jeunesse, Lutte contre les Violences faites à la Femme et Traite des Personnes, en partenariat avec l'Organisation internationale de Migration (OIM) et l'USAID, a organisé une conférence au tour du thème : " Chaque victime de la traite des êtres humains compte, ne laissez personne de côté ".

Dans son mot de circonstance, le représentant de Fabien Sambussy, chef de mission de l'agence des Nations unies pour la migration (OIM) a rappelé que la traite des personnes constitue un crime contre l'humanité qui touche les personnes de tous les âges, sexes et toutes les nationalités. A l'en croire, les résultats de recherche sur les données de la lutte contre la traite des personnes comprend des données sur plus de 150 000 victimes de la traite identifiées par l'OIM et ses partenaires entre 2002 et 2021, mais le nombre réel est probablement plus élevé.

" Selon le rapport mondial sur la traite des enfants, près de la moitié des cas de traite des enfants assistés par l'OIM ont lieu dans les pays des victimes. De plus 94% des victimes détectées sont exploitées par les auteurs de leurs régions selon les données publiques publiées au monde sur les victimes et les auteurs de la traite mises au point par l'OIM ", a-t-il révélé en précisant que le changement climatique, les catastrophes naturels, les crises et les conflits armés constituent et continuent de laisser les populations vulnérables à risque accru de traite.

Malgré les avancées " significatives " dans la lutte contre la traite des personnes, l'OIM stipule que beaucoup reste à faire dans la protection des personnes touchées, poursuite des auteurs et l'établissement des partenariats solides. Toutefois, l'agence onusienne a réitéré sa détermination à mettre fin à ce crime, à garder les victimes et les survivants au centre de ses missions et préoccupations à travers des actions communes et des partenariats solides.

Le représentant du chef de mission de l'OIM a félicité les autorités congolaises et la Coordination en Charge de la Jeunesse, Lutte contre les Violences faites à la Femme et Traite des Personnes pour son leadership et ses efforts dans cette lutte.

Appel à une mobilisation tous azimuts contre les méfaits de la traite de personnes et leurs conséquences

De son côté, la coordinatrice en Charge de la Jeunesse, Lutte contre les Violences faites à la Femme et Traite des Personnes, Chantal Yelu Mulop a de prime abord, rendu hommages au président Tshisekedi qui, selon ses propos, a placé le capital humain au centre de toute action durant son mandat.

Poursuivant son discours, Chantal Mulop a fait savoir que la traite des personnes devient de plus en plus dangereuse, particulièrement pour les femmes, les filles, les enfants, les personnes vivant avec handicap ainsi que les personnes de troisième âge.

En RDC, explique-t-elle, la population n'ayant pas l'information appropriée à cette matière a tendance à banaliser le fait qui pourtant, décime des milliers de compatriotes.

" Soumettre une victime à un abus où l'exploitation sexuelle, au mariage forcé, à la mendicité forcée, à l'enrôlement forcé dans les groupes armés, au travail forcé, au trafic d'enfants sont des questions banales au sein de nos communautés alors qu'elles constituent des violations graves des droits humains. Pas plus tard qu'il y a un mois et même actuellement la ville capitale de Kinshasa et quelques autres villes du pays vivent dans l'émoi et la psychose à cause de phénomène d'enlèvements et de Kidnappings. Je félicite le gouvernement de la République à travers tous ses services de sécurité pour le travail abattu dans le démantèlement de tous ces réseaux criminels qui troublent la quiétude des paisibles congolais ", a-t-elle souligné.

Pour pérenniser les acquis de cette journée, Chantal Mulop a lancé un appel à la mobilisation communautaire afin de sensibiliser le plus grand nombre de personnes possibles pour que chacun comprenne les méfaits de la traite de personnes et leurs conséquences humaines, sociales, économiques désastreuses au sein de notre communauté.

" Voilà pourquoi dans le cadre de mon mandat, j'ai pris la jeunesse comme levier dans la lutte contre la traite de personnes d'autant plus que les statistiques montrent que les jeunes sont de plus en plus impliqués dans les questions de traite de personnes à cause de plusieurs réalités entre autres le chômage, la pauvreté etc. D'où l'obligation de les responsabiliser des tâches afin qu'ils soient des acteurs modèles sur qui l'humanité pourra compter ", a conclu la coordinatrice de cette structure attachée la présidence.

La lutte contre la traite des êtres humains est une lutte pour la dignité et la liberté des victimes

Pour sa part, l'ambassadrice des USA, qui financent ces activités à travers l'USAID, a précisé que la lutte contre la traite des êtres humains est l'une des principales priorités du gouvernement de son pays à l'échelle mondiale et constitue un élément important du partenariat entre les États-Unis et la République démocratique du Congo (RDC).

" Les USA travaillent aux côtés de la RDC pour renforcer les initiatives du gouvernement visant à traduire les auteurs de la traite en justice et à protéger les victimes ", a déclaré la diplomate américaine pour qui les défis liés à la traite des êtres humains en RDC sont considérables.

Elle a démontré à juste titre qu'en 2019, la RDC était classée au niveau 3 par le Département d'État américain, qui évalue les efforts déployés par les pays pour lutter contre la traite des personnes. Ce classement indiquait une marge d'amélioration importante dans la lutte contre la traite des humains à l'époque, et limitait légalement la capacité à fournir une aide au développement.

" Toutefois, il y a eu une dynamique progressive depuis 2019. Les efforts déployés par l'administration du président Tshisekedi au cours des quatre dernières années pour lutter contre la traite des personnes ont porté des résultats probants. Parmi ceux-ci, nous pouvons citer les enquêtes et les poursuites dans les affaires de traite des personnes, la mise en œuvre de mécanismes d'orientation pour aider les victimes de la traite. Il y a aussi le soutien à une meilleure coordination entre les victimes, les acteurs chargés de l'application de la loi, les tribunaux et les prestataires de soins de santé et, par-dessus tout, la promotion de l'adoption d'une loi spécifique contre la traite des êtres humains ", a reconnu Lucie Tamlyn.

Le 15 juin de cette année, le Département d'Etat américain a publié le rapport 2023 sur la traite des personnes. Ce rapport annuel met en lumière les progrès et les échecs dans la lutte contre la traite des humains à travers le monde. Cette année, le rapport reconnaît les efforts du gouvernement congolais dans la lutte contre la traite des personnes en 2022 et fait passer le pays au niveau 2. Cela signifie que même si la RDC a accompli des progrès, il reste encore du travail à faire.

" Le statut de niveau 2 n'est pas garanti pour les années à venir. Il sera donc essentiel de fournir des ressources tant humaines que financières suffisantes pour faire avancer la lutte contre la traite des personnes en RDC. Pour éviter un retour au statut de niveau 3, tout pays doit faire preuve d'un investissement plus important et d'un progrès continu ", a-t-elle proposé appelant le gouvernement de la RDC à consacrer davantage de ressources à la poursuite des auteurs de la traite, à la protection des victimes et à la prévention de la traite afin de satisfaire aux normes minimales de progrès en vue de l'éradication de la traite et ce, en impliquant les survivants dans la lutte.

Impliquer les survivants pour perpétuer la lutte

" Les survivants de la traite des personnes connaissent à travers leur expérience profondément douloureuse- les tactiques utilisées par les auteurs de la traite, les obstacles auxquels les survivants sont confrontés lors de leur libération, le meilleur soutien qui puisse leur être apporté pour reconstruire leur vie ", a martelé Lucie Tamlyn paraphrasant le secrétaire d'État, Antony Blinken, lors de la publication dudit rapport.

Présent à cette activité, le gouvernement congolais par le truchement des ministres des Affaires sociales, Modeste Mutinga et des Droits humains, Albert Fabrice Puela, a réaffirmé sa volonté de poursuivre sans relâche, le combat porté par le Président de la République plaçant l'homme au centre de son action.

La traite des personnes vise les groupes les plus vulnérables de la société en vue de les exploiter et d'en tirer profit. Ce phénomène peut comprendre de nombreuses formes de travail forcé, notamment le recrutement d'enfants dans des groupes armés, l'exploitation de personnes forcées à se prostituer ou les cycles d'asservissement pour dettes dans les communautés minières pauvres.

En décembre 2022, la RDC s'est dotée de la loi modifiant et complétant le décret du 30 janvier 1940 portant code pénal congolais en matière de prévention et de la répression de la traite des personnes. Cette loi prend en compte les spécificités relatives à la répression et la punition de la traite des personnes, en particulier les femmes et les enfants. Il tient également compte des spécificités telles que contenues dans les dispositions et engagements internationaux ratifiés par la RDC, notamment la criminalité transnationale organisée, le travail forcé ou obligatoire, les pires formes de travail des enfants, l'abolition de l'esclavage, et toutes les formes de discrimination raciale.

Carmel NDEO

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