Ayant accueilli plusieurs déplacés de guerre dont le nombre pourrait s'élever à quatre mille, l'établissement a connu assez de problèmes de fonctionnement, cause exorbitante qui a poussé le HCR à intervenir urgemment pour sauver ce que les déplacés dont il se charge avaient détruit.
Les travaux de construction de nouvelles salles de classe y évoluent normalement, sans heurts majeurs, dans une atmosphère de vigilance citoyenne et d'attente mesurée. Pour une communauté longtemps éprouvée par la précarité des infrastructures scolaires, chaque brique posée sonne comme une promesse.
Financé par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés en consortium avec l'organisation Intersos, le chantier prévoit l'érection de six salles de classe modernes.
Selon les engagements initiaux des bailleurs, la durée d'exécution est strictement encadrée, avec la possibilité d'une extension vers d'autres bâtiments si les moyens financiers le permettent. Une perspective qui nourrit déjà de nombreux espoirs au sein de la communauté éducative.
En début de semaine, une délégation de jeunes leaders du quartier Panzi, accompagnée des acteurs de la société civile locale, s'est rendue sur le site pour apprécier de visu l'état d'avancement des travaux.
Cette visite citoyenne avait pour objectif d'évaluer la qualité de l'ouvrage, de comprendre les défis auxquels font face les ouvriers et de formuler des recommandations susceptibles d'améliorer la conduite globale du projet.
Sur place, les visiteurs ont unanimement salué le travail déjà accompli. La qualité des matériaux, le sérieux de l'équipe technique et l'engagement visible des partenaires ont été relevés comme des signes encourageants.
Quelques imperfections ont néanmoins été observées, appelant à des retouches ultérieures, dans un esprit constructif et de collaboration responsable.
Ce nouveau chantier apparaît comme une réponse attendue à une situation devenue difficile pour les élèves et les enseignants.
L'ancien bâtiment réhabilité ne suffisait plus à contenir l'effectif croissant, et les conditions d'apprentissage y étaient devenues pénibles. Salles exiguës, usure avancée des structures et manque d'équipements freinaient la continuité scolaire et mettaient à rude épreuve la motivation des apprenants.
Malgré cette avancée notable, plusieurs défis demeurent entiers. La réhabilitation des autres bâtiments de l'Institut Mapinduzi reste une urgence, tout comme la lutte contre le délabrement progressif de certaines infrastructures.
À cela s'ajoute la nécessité d'ériger des toilettes modernes, propres et adaptées, indispensables à la dignité et à la santé des élèves, avec un rappel ferme sur l'importance de leur bon usage et de leur entretien.
Dans ce contexte, le don apporté par Intersos et le HCR mérite une reconnaissance particulière. Pour beaucoup de parents et d'enseignants, cet appui marque un tournant décisif et redonne foi en l'avenir de l'école publique à Panzi. Il s'agit d'un investissement dans le savoir, mais aussi dans la stabilité et la cohésion sociale du quartier.
Cependant, le projet n'a pas échappé aux remous des réseaux sociaux.
Certains jeunes, non retenus dans l'équipe de suivi ou estimant manquer d'informations claires, ont fait entendre leur voix, évoquant parfois à tort un possible détournement. Ces réactions, bien que bruyantes, traduisent surtout un besoin de communication plus inclusive et transparente autour du projet.
Les responsables locaux et les partenaires sont ainsi appelés à renforcer le dialogue communautaire, afin de dissiper les malentendus et d'associer davantage les forces vives du quartier. Une information partagée et accessible reste le meilleur rempart contre la rumeur et la suspicion.
À Panzi, l'Institut Mapinduzi se relève lentement, porté par la solidarité, la vigilance citoyenne et l'appui des partenaires. Si le chemin reste long, chaque salle qui s'élève rappelle que l'éducation demeure un combat collectif, et que sa victoire passe par des actes concrets, durables et respectueux de la communauté qu'ils servent.
L'article Au cur du quartier Panzi, l'Institut Mapinduzi, seule école officielle de la contrée, vit des jours porteurs d'espoir. est apparu en premier sur Kivu-Avenir.
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