Les informations documentées par la Rédaction de votre Média ont prouvé que ces conflits, devenus récurrents, fragilisent le bon fonctionnement des établissements et soulèvent de sérieuses inquiétudes quant à l'avenir de la formation académique dans la province du Sud-Kivu.
Depuis plusieurs mois, le climat social s'est progressivement détérioré. Oppositions parfois sanglantes, tentatives de manifestations, lettres de contestation à répétition et échanges épistolaires tendus témoignent d'un profond malentendu entre les gestionnaires des institutions et les syndicats du personnel.
Une situation qui dépasse désormais le simple cadre administratif.
À l'Institut Supérieur des Sciences Médicales (ISTM) de Bukavu, à l'Institut Supérieur de Commerce (ISC) de Bukavu, ainsi que dans d'autres établissements de la ville, les responsables académiques dénoncent des ingérences qu'ils jugent excessives.
Selon eux, certains syndicats outrepasseraient leurs prérogatives légales en se comportant comme de véritables inspecteurs ou auditeurs financiers.
Du côté des syndicats, la posture se veut souvent défensive. Ils estiment agir dans l'intérêt du personnel et pour la transparence de la gestion.
Cependant, cette revendication se heurte à l'accusation persistante de bloquer les décisions administratives et pédagogiques, au détriment du calendrier académique et de la qualité de l'enseignement.
Cette crise a été au centre des échanges lors d'une rencontre tenue le samedi 7 février 2026 avec le vice-gouverneur de la province du Sud-Kivu. À cette occasion, les gestionnaires des institutions supérieures ont exprimé leur ras-le-bol face à des conflits qu'ils qualifient d'inutiles et contre-productifs.
Ils ont particulièrement déploré le recul progressif de la formation, conséquence directe de la persistance de ces querelles internes. Selon eux, les luttes d'influence et les intérêts égoïstes de certaines parties prennent le pas sur la mission première des universités : former une élite compétente au service de la nation congolaise.
Les étudiants, premiers concernés, subissent de plein fouet les effets de cette instabilité. Retards dans l'organisation des cours, suspension des activités académiques et climat d'insécurité sur les campus alimentent un sentiment de frustration et d'abandon au sein de la communauté estudiantine.
Au-delà des murs universitaires, c'est toute la société qui en paie le prix. Le dysfonctionnement des institutions d'enseignement supérieur compromet la production de cadres qualifiés, indispensables au développement économique, social et sanitaire de la province et du pays en général.
Face à cette réalité, plusieurs observateurs appellent à une redéfinition claire du cadre syndical dans les institutions académiques. Le respect des textes légaux, le dialogue sincère et la recherche de l'intérêt général apparaissent comme des pistes incontournables pour sortir de l'impasse actuelle.
À Bukavu, l'urgence est désormais de restaurer un climat de confiance entre gestionnaires et syndicats afin de préserver l'essentiel : l'avenir de l'enseignement supérieur. Sans une prise de conscience collective, les universités et instituts risquent de s'enliser durablement dans des conflits qui hypothèquent leur rôle moteur dans le développement de la région.
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