Cette réaction intervient au lendemain de l'élection du président burundais Évariste Ndayishimiye à la tête de l'Union africaine, une désignation qui suscite déjà diverses lectures dans la région des Grands Lacs.
S'exprimant devant la presse locale ce lundi, 16 Février 2026 à l'hôtel de Poste dans la ville de Bukavu, le membre du mouvement OBAPG RDC a dressé un tableau préoccupant de la situation sécuritaire dans l'Est du pays.
Il a évoqué la persistance des affrontements, la fragilité des initiatives diplomatiques en cours et la profonde méfiance qui règne entre les parties impliquées.
Pour lui, la crise actuelle ne saurait être réduite à des rivalités ponctuelles : elle plonge ses racines dans des enjeux géopolitiques, sécuritaires et économiques complexes.
Amos Bisimwa estime que l'accession du chef de l'État burundais à la présidence tournante de l'organisation continentale pose un problème d'impartialité.
Selon lui, le Burundi étant militairement engagé sur le sol congolais aux côtés des Forces armées de la RDC et des groupes d'autodéfense dits " Wazalendo ", il devient difficile d'envisager une médiation perçue comme neutre par l'ensemble des protagonistes.
L'analyste rappelle que les forces burundaises sont présentes dans l'Est congolais dans le cadre d'accords bilatéraux sécuritaires.
Toutefois, il soutient que cette implication directe dans le conflit opposant les FARDC et leurs alliés à l'AFC/M23, rébellion accusée d'être soutenue par le Rwanda et l'Ouganda, pourrait fragiliser la crédibilité d'un éventuel processus de facilitation conduit sous l'égide de l'Union africaine.
Dans son analyse, Amos Bisimwa considère que toute initiative de paix devra impérativement reposer sur une approche inclusive et équilibrée.
Il appelle les parties prenantes â" autorités congolaises, mouvements armés et acteurs régionaux à privilégier le dialogue autour d'une même table, afin de définir des pistes de solutions adaptées à la gravité de la crise qui affecte durablement les populations civiles.
L'acteur citoyen va plus loin en estimant que la résolution du conflit nécessite également une introspection nationale.
Sans occulter les responsabilités extérieures, il souligne l'importance pour les dirigeants congolais de s'attaquer aux causes internes de l'instabilité : gouvernance, gestion des ressources, cohésion nationale et réformes sécuritaires.
Tout en réaffirmant son ardent souhait de voir la paix revenir dans l'Est de la RDC, Amos Bisimwa appelle les Congolais à garder un esprit critique face aux dynamiques diplomatiques en cours.
Pour lui, l'espoir d'une sortie de crise ne doit pas reposer sur une seule personnalité ou une seule institution, mais sur un engagement collectif, lucide et responsable en faveur d'une paix durable.
Christian Balemba
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