Depuis plusieurs mois, ils affirment être victimes d'une multiplication de taxes et d'exigences financières qu'ils qualifient d'illégales, imposées par des individus se réclamant de la Direction Générale des Impôts (DGI) et de la Direction Provinciale de Mobilisation et d'Encadrement des Recettes (DPMER).

Dans un échange avec un reporter de notre média, plusieurs coiffeurs ont dénoncé des pratiques qu'ils jugent abusives et intimidantes.

Selon leurs témoignages concordants, des agents se présentant comme émissaires de ces deux services publics effectueraient des descentes hebdomadaires dans différents salons de coiffure du groupement, exigeant le paiement de taxes mensuelles sans présenter d'ordres de mission ni de cartes de service.

Des montants fixes exigés, sous menace

D'après les déclarations recueillies, chaque propriétaire de salon serait sommé de verser une somme de 40 000 francs congolais par mois, à laquelle s'ajouteraient des " frais de transport " pouvant atteindre 10 000 francs congolais par passage.

En cas de refus, des menaces d'arrestation et d'emprisonnement seraient proférées.

" Ils viennent presque chaque semaine. Ils ne montrent aucun document officiel. Ils nous disent que si nous refusons de payer, nous serons embarqués ", confie un coiffeur de l'avenue Rubota, sous couvert d'anonymat, par crainte de représailles.

Les zones les plus touchées sont notamment l'avenue Rubota, en face de l'avenue Tolinki, le centre commercial de Kasihe, plusieurs entités reculées du village Buhozi ainsi que Mulonge.

Selon les enquêtes menées par notre rédaction, plus de 100 salons de coiffure seraient concernés par ces pratiques.

Des jeunes entrepreneurs à bout de souffle

Pour ces jeunes entrepreneurs, dont l'activité constitue souvent la principale source de revenus, la situation devient difficilement soutenable.

Beaucoup expliquent qu'ils peinent déjà à faire face aux charges locatives, aux factures d'électricité et à l'entretien du matériel.

" Nous ne refusons pas de payer les taxes légales. Mais nous voulons savoir à qui nous payons et sur quelle base légale ", insiste un autre exploitant rencontré au centre commercial de Kasihe.

Les coiffeurs affirment ne pas contester le principe de l'impôt, mais dénoncent l'opacité entourant ces perceptions. Ils réclament une clarification officielle de la part des autorités fiscales et administratives compétentes, ainsi qu'une identification formelle des agents habilités à opérer sur le terrain.

Les autorités locales disent ignorer l'existence de ces agents

Contactées à ce sujet, certaines autorités locales affirment ne disposer d'aucune information officielle concernant ces descentes répétées. Elles promettent toutefois de s'impliquer afin de faire la lumière sur cette affaire.

" S'il y a des agents qui opèrent sans ordre de mission, cela doit être clarifié. Nous allons nous informer et voir ce qu'il en est réellement ", a déclaré un responsable local joint par notre rédaction.

Du côté de la hiérarchie de la DGI et de la DPMER, aucune réaction officielle n'a encore été enregistrée au moment de la publication de cet article.

En attendant, l'inquiétude demeure dans les différents villages touchés, où les entrepreneurs continuent d'exercer leurs activités dans un climat d'incertitude et de crainte.

Dossier à suivre ✍ ✍

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