En saluant l'acceptation formelle par la République démocratique du Congo de la proposition angolaise de cessez-le-feu, Boulos Massad en dévoile simultanément la vacuité opérationnelle, dès lors qu'elle n'est pas suivie d'effets tangibles sur le terrain.

Car la réalité est cruelle et têtue : les hostilités se poursuivent, les frappes de drones continuent de semer la mort parmi des civils innocents, et les populations des Hauts Plateaux, notamment celles de Minembwe, demeurent les otages d'une violence étatique qui se dissimule derrière un discours officiel saturé de postures moralisatrices.

En exigeant l'arrêt immédiat de toutes les opérations militaires, sans exception ni faux-semblants technologiques, Boulos Massad rappelle une vérité élémentaire du droit et de l'éthique politiques : un cessez-le-feu qui tue encore n'est qu'une imposture.

Plus encore, son insistance sur la mise en œuvre effective du Mécanisme de surveillance et de vérification du cessez-le-feu convenu à Doha met en lumière la pierre angulaire du processus.

Sans mécanisme, sans protocole d'accord formel, sans responsabilité clairement établie, la paix reste un slogan et la protection des civils une promesse creuse. Le refus persistant de Kinshasa d'apposer sa signature au Mémorandum of Understanding apparaît dès lors pour ce qu'il est : un aveu de mauvaise foi politique.

La fin de l'illusion diplomatique et la vérité du processus de Doha

Le second enseignement du message de Boulos Massad est d'une portée stratégique majeure : le processus de Doha est désormais irréversible. Il ne s'agit plus d'une initiative parmi d'autres, aisément contournable par la multiplication de forums parallèles ou de manœuvres dilatoires, mais du cadre central et incontournable de toute désescalade crédible.

En ce sens, toute tentative du régime de Kinshasa visant à impulser de nouvelles initiatives pour se soustraire à ses engagements relève d'une fuite en avant, vouée à l'échec politique et à l'isolement diplomatique.

L'adhésion proclamée à la proposition de cessez-le-feu émise par Angola apparaît ainsi comme une opération de communication soigneusement mise en scène, mais dénuée de substance. Boulos Massad en démonte les ressorts avec une clarté implacable : le véritable mécanisme du cessez-le-feu ne réside ni dans les déclarations publiques ni dans les communiqués enjolivés, mais dans la signature effective et sans réserve du Mémorandum of Understanding à Doha.

Tant que cet acte fondateur sera refusé, toute rhétorique de paix restera suspecte et toute posture diplomatique, profondément discréditée.

En définitive, le message de Boulos Massad opère un désaveu sans appel de la manipulation et de la supercherie politique. Il marque une avancée décisive dans la compréhension internationale de la cause portée par le M23 puis l'AFC/M23, trop longtemps brouillée par des récits officiels soigneusement édulcorés.

En réaffirmant la primauté des mécanismes, de la responsabilité et de la protection des civils, il rappelle que la paix ne se proclame pas : elle se construit, se vérifie et s'assume. Et il place, désormais sans faux-fuyants possibles, le régime de Kinshasa face à l'épreuve de sa propre crédibilité.

En saluant l'acceptation de la RDC de la proposition angolaise de cessez-le-feu, Boulos Massad en dévoile simultanément la vacuité opérationnelle, dès lors qu'elle n'est pas suivie d'effets tangibles sur le terrain

Tite Gatabazi



Source : https://fr.igihe.com/Le-desaveu-de-Kinshasa-par-Boulos-Massad.html