Selon les informations recueillies par un reporter de votre Média, de retour ce territoire, les réseaux de télécommunication se sont éteints dans plusieurs de ses entités, plongeant des milliers d'habitants dans une forme d'isolement brutal, à contretemps d'un monde désormais réglé par le signal.
Airtel, Vodacom, Orange et d'autres opérateurs demeurent inaccessibles dans de larges zones du territoire: Appels impossibles, messages muets, transactions bloquées : la panne est totale, persistante, et sans horizon clair de rétablissement.
Dépêché sur le terrain, notre reporter s'est rendu à Ciherano avant de sillonner les groupements de Luciga, Lurhala et Irongo.
Partout, le constat est le même : aucune opération téléphonique n'est fonctionnelle à ce jour.
Cette déconnexion prolongée paralyse la vie quotidienne.
Dans un espace où le téléphone est devenu outil de survie économique et sociale, l'absence de réseau équivaut à une asphyxie lente.
Les agents de transaction de monnaie électronique figurent parmi les premières victimes. Incapables de servir leurs clients, ils voient leurs activités suspendues, leurs revenus anéantis, leurs responsabilités sociales compromises.
Les revendeurs d'unités, les petits commerçants, les transporteurs et l'ensemble des couches sociales dénoncent une manuvre qu'ils jugent nuisible, incompréhensible, et lourde de conséquences.
Cette situation frappe une population déjà fragilisée par la guerre et ses effets collatéraux.
À Walungu, chaque crise nouvelle vient s'ajouter à une longue liste de vulnérabilités jamais résorbées.
Au centre commercial de Kakono, l'activité se maintient à peine.
Seuls les commerçants de boissons, les propriétaires de dépôts de farine et quelques petits vendeurs continuent de travailler, tant bien que mal, dans un climat d'attente et d'incertitude.
Le reste du tissu économique tourne au ralenti, privé de coordination, de commandes, d'informations. Le marché parle à voix basse, faute de réseau pour porter ses échanges plus loin.
Jusqu'ici, aucune communication officielle des opérateurs de téléphonie ou des autorités compétentes n'a été rapportée par les habitants. Le silence institutionnel ajoute à la frustration et alimente les inquiétudes.
À Walungu toujours, l'absence de signal n'est plus un simple dysfonctionnement technique, elle est devenue un symptôme. Celui d'un territoire qui, une fois de plus, se sent relégué aux marges, sommé d'attendre que la voix lui soit rendue.
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