Dans une prise de parole au ton volontairement sobre mais politiquement incisif, le leader d'Ensemble pour la République recentre l'attention sur l'essentiel en affirmant que " le problème n'est pas la Constitution, mais la gouvernance ".
Par cette formulation, Katumbi s'inscrit dans une tradition de lecture politique qui refuse la tentation de la personnalisation excessive des enjeux institutionnels pour privilégier une analyse structurelle des défaillances de l'action publique.
En d'autres termes, il conteste l'idée selon laquelle les difficultés d'un État trouveraient leur origine dans le cadre juridique fondamental, pour en déplacer le centre de gravité vers la qualité de la gestion des affaires publiques, la cohérence des politiques publiques et la crédibilité de l'exécution étatique.
Une posture d'opposition stratégique et la réactivation d'un imaginaire de résistance politique
Cette sortie, qui intervient dans un contexte marqué par des débats récurrents autour de la stabilité du cadre constitutionnel, s'inscrit également dans une continuité politique assumée.
En refusant ce qu'il qualifie implicitement de " faux penalty ", pour reprendre une métaphore déjà mobilisée dans le champ politique congolais en 2015, Moïse Katumbi entend signifier son rejet des logiques perçues comme des contournements du pacte institutionnel au profit d'intérêts conjoncturels.
Cette posture, à la fois symbolique et stratégique, vise à réactiver un imaginaire de résistance à toute tentative de reconfiguration des règles du jeu politique en dehors des mécanismes consensuels et constitutionnellement établis.
Elle s'inscrit dans une lecture où la stabilité des institutions prime sur les ajustements opportunistes et où la légitimité politique se mesure autant à la conformité aux textes qu'à la qualité de la gouvernance effectivement exercée.
Dans un espace politique où les débats constitutionnels sont souvent chargés d'enjeux de pouvoir, cette intervention rappelle, avec une certaine constance doctrinale, que la question centrale demeure moins celle des textes que celle des pratiques.
En ce sens, elle réintroduit dans le débat public une exigence de responsabilité gouvernementale, en opposant à la tentation des révisions institutionnelles la nécessité d'un bilan de gouvernance, seule véritable mesure de la légitimité politique dans un régime républicain.
Tite Gatabazi
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