Qu'un tel sanctuaire soit profané constitue non seulement une atteinte matérielle, mais également une blessure morale infligée à la société tout entière.

Ainsi, l'École Primaire conventionnée catholique Kitalaga, située dans la paroisse de Bobandana à Minova, en sous-division éducationnelle Kalehe-Nord, vénérable institution probablement centenaire, connue comme l'école de Mwalimu Shasheke et témoin du passage de générations entières d'enfants a été la cible d'un acte de vandalisme d'une gravité accablante dans la nuit du dimanche 29 au lundi 30 mars.

Selon les premiers éléments, des individus non identifiés ont dérobé des équipements essentiels à l'apprentissage, notamment deux ordinateurs, une imprimante, un amplificateur de grande capacité, quatre tondeuses électriques ainsi qu'une imposante horloge.

Mais au-delà du vol, c'est l'ampleur des dégradations qui confère à cet acte une dimension particulièrement affligeante. La directrice de l'établissement, Khindo wa Lukoo Ursule, a rapporté que les malfaiteurs ont causé des destructions significatives : une partie du plafond du bureau a été incendiée, tandis que portes et armoires des salles de classe ont été saccagées.

Ces espaces, dédiés à la conservation des manuels scolaires et du matériel didactique, constituaient le cœur même de l'outil pédagogique. En les détruisant, c'est l'avenir éducatif de nombreux enfants que l'on fragilise.

Le déclin du respect collectif

Ce drame local, loin d'être anecdotique, s'inscrit dans une dynamique plus inquiétante : celle d'un effritement progressif du respect dû aux institutions fondamentales de la République démocratique du Congo.

Lorsque l'école, lieu d'apprentissage, de discipline et d'espérance cesse d'être protégée, c'est le pacte social lui-même qui vacille. Car en s'attaquant à l'école, on ne dérobe pas seulement des objets : on sape les fondements mêmes de la transmission du savoir et de la formation des générations futures.

Il est, dès lors, profondément triste et affligeant d'en arriver à une telle situation. Cette dérive appelle une prise de conscience collective, une mobilisation des autorités comme des communautés locales, afin de restaurer le caractère sacré de ces espaces éducatifs.

Car une nation qui ne protège pas ses écoles compromet irrémédiablement son avenir.

L'école primaire catholique Kitalaga à Bobandana (Minova) a été vandalisée, des voleurs ayant dérobé ordinateurs, imprimante, amplificateur, tondeuses et horloge

Tite Gatabazi



Source : https://fr.igihe.com/Profanation-de-l-ecole-primaire-de-Kitalaga.html