La résolution a été adoptée le 25 mars 2026, à l'occasion de la commémoration de la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de la traite et de l'esclavage des Africains.
La traite des esclaves, initiée dès le XVIáµ siècle par le Portugal, l'Espagne et d'autres puissances européennes, s'est poursuivie jusqu'au XIXáµ siècle. Les archives historiques indiquent que 11 à 15 millions d'Africains auraient été capturés et transportés de force vers le continent américain, principalement pour travailler dans les plantations de canne à sucre, de tabac, de coton, de riz et de café, destinées au marché européen. Plus de deux millions de ces personnes périrent en chemin, victimes de maladies, de violences ou de famine avant d'atteindre les Amériques.
Les Européens échangeaient des produits tels que les armes, les vêtements et les outils en métal contre des esclaves. Les captifs provenaient de divers pays d'Afrique et d'Asie, et certains dirigeants locaux participaient activement à ce commerce, recevant des biens et de l'alcool en contrepartie de la livraison de prisonniers. Ce système donna naissance au commerce triangulaire : les Européens se rendaient en Afrique avec leurs marchandises, achetaient des esclaves, puis les envoyaient en Amérique pour le travail forcé.
Le marché des esclaves au Rwanda
Le Rwanda n'a pas échappé à ce commerce. Selon l'ouvrage 'Histoire du Rwanda' (Commission Nationale de l'Unité et de la Réconciliation, 2016), l'esclavage a effectivement eu lieu dans le pays, bien que son intensité ait été moindre que dans d'autres régions d'Afrique, telles que la Tanzanie ou le Congo.
Il est rapporté que le roi Kigeliâ¯IV Rwabugili refusait que les Arabes accèdent directement au territoire rwandais, mais autorisait leurs intermédiaires, souvent des Tanzaniens, à commercer et à emporter des esclaves en échange de biens modernes, tels que des vêtements.
Les témoignages de l'époque décrivent les personnes vendues comme " principalement des domestiques et d'autres captifs provenant de villages [â¦] ainsi que des enfants issus de familles pauvres lors des périodes de famine ".
L'étude 'Le commerce de traite au Rwanda sous le régime allemand (1896-1916)', réalisée par Bernard Lugan, indique que le Rwanda était un pays quasi fermé avant l'arrivée des colonisateurs, rendant l'accès difficile aux étrangers.
Les documents des missions catholiques datant de 1900 confirment l'existence de marchés d'esclaves, bien que limités. Le marché de Kivumu (Muhanga) est particulièrement mentionné : en octobre 1905, la mission de Marangara écrivait que Kivumu et Marangara étaient des lieux où " les captifs étaient amenés de diverses régions, surtout du Nord et de l'Ouest, tandis que de nombreux commerçants swahilis y possédaient même des maisons ".
Le 1áµÊ³ février 1907, la mission de Kabgayi confirmait également l'existence d'un marché d'esclaves bien connu à Kivumu.
Une résolution internationale pour la mémoire et la réparation
Cette démarche de reconnaissance, portée par le gouvernement du Ghana et soutenue par l'Union africaine, a vu le vote enregistré 123 pays en faveur de la résolution, 52 pays, principalement européens, s'abstenant, tandis que les États-Unis, Israël et l'Argentine ont voté contre.
" Cette résolution contribuera à ce que le souvenir de l'esclavage perdure⦠Que l'histoire conserve la trace de notre engagement à honorer et à commémorer les millions de personnes qui ont souffert de la déshumanisation et de l'esclavage. ", a déclaré le président du Ghana, John Dramani Mahama.
Bien que non contraignante, la résolution condamne les pratiques de commerce d'esclaves du XVe au XIXáµ siècle, les qualifiant de crimes graves ayant porté atteinte aux droits humains. Elle invite également les États membres à engager un processus de dialogue en vue de réparer les préjudices causés par ce crime, notamment par des excuses publiques, des compensations, des actions de réhabilitation, la garantie que de telles pratiques ne se reproduiront pas, ainsi que la restitution des biens culturels spoliés.
IGIHE
Source : https://fr.igihe.com/Le-Rwanda-soutient-la-reconnaissance-de-l-esclavage-comme-crime-contre-l.html
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