Ce site mémorial abrite les restes de plus de 14 500 victimes, dont la majorité ont été tuées le 10 avril 1994, après avoir cherché refuge dans l'ancien siège du parti MRND, situé à l'emplacement actuel du mémorial.
Appel à la vigilance contre l'idéologie du génocide
Le Premier ministre a rappelé que, malgré les avancées significatives enregistrées dans la reconstruction du Rwanda, il est impératif de ne pas céder à la complaisance, certaines personnes cherchant encore à replonger le pays dans son passé tragique.
" Nous ne devons en aucun cas céder à la complaisance, car certaines personnes continuent de manifester une hostilité persistante à l'égard de notre pays. Comme vous le savez et comme cela est régulièrement rappelé, les auteurs et complices du génocide contre les Tutsi de 1994 persistent dans le déni des faits et poursuivent la diffusion de l'idéologie du génocide dans la région, notamment en République démocratique du Congo ", a-t-il déclaré, tout en pointant la passivité de la communauté internationale, qui rappelle la situation ayant prévalu au Rwanda avant et durant le génocide de 1994.
Le Premier ministre a affirmé que les choix faits par les Rwandais, tels que rappelés par le Président de la République, constituent une assurance ferme contre la répétition du génocide contre les Tutsi au Rwanda, appelant à fermer toutes les voies susceptibles de raviver l'idéologie du génocide et à renforcer l'autonomie du pays par le travail.
Le Premier ministre a également invité les jeunes à mieux appréhender l'histoire du pays afin de lutter efficacement contre la propagation persistante de l'idéologie du génocide, notamment sur les plateformes numériques, tout en exhortant les parents à dialoguer avec leurs enfants sur les événements passés.
Dr. Nsengiyumva a par ailleurs salué le courage des étudiants de Nyange, qui avaient refusé de se diviser selon des critères ethniques lors d'une attaque d'infiltrés ayant causé plusieurs victimes, qualifiant leur bravoure de symbole durable de l'unité nationale.
Le maire du district de Ngororero, Christophe Nkusi, a noté que les violences dans la région avaient débuté en 1990, indiquant que plus de 57 000 Tutsi avaient été assassinés dans le district. Il a en outre précisé que les victimes reposent dans sept sites mémoriaux situés dans différents secteurs du district.
Il a toutefois exprimé sa préoccupation concernant le fait que les restes de certaines victimes n'ont pas encore été retrouvés, appelant la population à continuer de communiquer toute information susceptible de permettre leur localisation, en vue d'inhumations dignes et d'un soutien aux familles endeuillées.
" Je lance de nouveau un appel pressant aux habitants du district de Ngororero afin qu'ils ne cachent pas les informations relatives à l'emplacement des restes qui n'ont pas encore été retrouvés et inhumés dignement. Cela permet d'apporter du réconfort aux familles ayant perdu leurs proches et de renforcer l'unité ainsi que la résilience auxquelles nous nous sommes engagés en tant que Rwandais ", a-t-il déclaré.
Il a par ailleurs noté que, après l'arrêt du génocide, la région de Ngororero avait été confrontée à des attaques d'" infiltrés " conduites par d'anciens responsables politiques et militaires issus du district, groupes ayant finalement été neutralisés par le gouvernement d'unité nationale, ouvrant ainsi la voie au rétablissement de la paix et du développement.
Témoignage d'IBUKA sur l'histoire des violences
Annoncée Manirarora, commissaire au sein d'IBUKA, l'organisation des rescapés du génocide contre les Tutsi, a indiqué que l'histoire du génocide à Ngororero est particulière, les massacres ayant commencé dès 1990.
Le district de Ngororero comprend aujourd'hui les anciennes sous-préfectures de Kabaya et de Ngororero.
L'ancienne sous-préfecture de Ngororero comprenait les communes de Kibilira, Ramba, Satinsyi et Gaseke, où les violences ont débuté bien avant 1994.
Dans la commune de Kibilira, plus de 400 Tutsi ont été tués entre le 10 et le 13 octobre 1990, avec d'autres massacres enregistrés en février 1992.
Dans la commune de Satinsyi, les tueries avaient déjà commencé avant 1994. À Ramba, les violences ont été intensifiées par des discours et des campagnes de mobilisation, notamment ceux du Dr Léon Mugesera, accusé d'avoir incité à la violence lors d'une réunion publique à Birembo.
Des schémas similaires de violence ont également été observés dans la commune de Gaseke avant 1994.
IGIHE
Source : https://fr.igihe.com/Dr-Nsengiyumva-reaffirme-l-engagement-du-Rwanda-contre-toute-resurgence-du.html
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