Asseyez-vous, mes frères. Je vais vous parler d'un garçon qui a joué son match référence à Atlanta, et qui ne m'a surpris à aucune seconde.
Quand j'ai vu le but de Mbuku refusé pour cette faute de main, j'ai eu un pincement. Dommage. Pour une fois dans ce Mondial, on avait réussi à faire aboutir une attaque placée, posée, construite comme on bâtit une maison, brique après brique. Et l'arbitre l'efface. Le ventre se serre. Puis Sadiki a touché le ballon, et tout de suite j'ai compris une chose : ce ne serait pas la dernière fois de la soirée qu'on poserait le jeu depuis le milieu du terrain.
Voilà ce que je me suis dit en le regardant, et je vous le livre sans rien retoucher : " Présent sur les seconds ballons, impliqué dans les duels, déclencheur des offensives dangereuses pour l'adversaire. Il a fait le travail sans se contenter uniquement de son rôle primordial. "
Le Tableau de Sadiki, ligne par ligne
Les chiffres ne mentent pas, et chez moi ils ne servent pas à faire savant. Ils racontent le match d'un homme qui était partout.
| Duels au sol remportés | 8 sur 11 |
| Récupérations | 6 |
| Interceptions | 1 |
| Tacle gagné | 1 |
| Aides défensives | 6 |
| Courses | 22 |
| Fautes subies | 3 |
| Dribble réussi | 1 |
| Passes clés | 2 |
| Centre réussi | 1 |
| Passes réussies | 95 % |
| Passes longues réussies | 2 |
Regardez bien cette dernière statistique, et revenez sur les vingt-deux courses. Un milieu qui garde le ballon à quatre-vingt-quinze pour cent et qui court vingt-deux fois, ce n'est pas un récupérateur. C'est un poumon et un cerveau dans le même maillot.
L'homme qui a joué deux postes à la fois
Sadiki n'a pas fait son travail. Il en a fait deux. Son rôle primordial était de tenir le milieu, de gratter, de nettoyer. Il l'a fait comme on fait le ménage chez soi, sans qu'on le remarque, jusqu'au jour où c'est sale et qu'on comprend tout ce qu'il faisait. Mais le garçon ne s'est pas arrêté là.
En dépassement de fonctions, il nous a fait jouer dans la verticalité. Je vous explique, la verticalité. Ça veut dire qu'au lieu de promener le ballon de gauche à droite comme un vieux qui hésite au marché, on plante le couteau vers l'avant. Sadiki a planté le couteau. Et à chaque fois qu'il l'a fait, ses coéquipiers respiraient mieux, se démarquaient plus, osaient davantage. Un milieu qui libère les autres, c'est un milieu qui vaut deux joueurs.
Le Coach a un mot pour ces replis qu'il enchaînait sans jamais souffler, et je le garde tel quel : " Ses replis défensifs m'ont donné l'impression d'avoir été automatiquement programmés, débauche d'énergie incroyable. "
Programmé. Le mot est juste. Il y a des joueurs qui réfléchissent à revenir défendre, et le temps qu'ils réfléchissent, le but est dedans. Lui, c'est dans le sang. Le corps part avant la tête.
Pourquoi je n'étais pas surpris
On va être honnêtes entre nous. Beaucoup ont découvert Sadiki ce soir-là. Pas moi. Connaissant ses qualités, sachant ce qu'il porte en lui, je savais qu'il apporterait encore plus à cette équipe. Un grand match, ce n'est pas un coup de chance. C'est une promesse qui finit par se tenir.
Ce 3-1 contre l'Ouzbékistan, cette première qualification congolaise en seizièmes de finale d'une Coupe du monde, ce n'est pas l'affaire d'un seul homme. La remontée fut collective, le coaching fut sa part de bravoure, le banc a tremblé comme nous tous. Mais au cœur de la machine, il y avait un moteur qui ne chauffait jamais. Et ce moteur portait un numéro et un nom.
L'Angleterre nous attend le 1er juillet. Les Anglais ont des noms qui font peur, des stades pleins, une presse qui parle fort. Tant mieux. Le Coach aime quand l'adversaire arrive en bombant le torse, parce qu'un torse bombé, ça se vise mieux.
Et si Noah Sadiki répète à Atlanta ce qu'il a montré contre l'Ouzbékistan, alors je ne donne pas cher de la tranquillité du milieu anglais. Préparez le Primus. On n'a pas fini de poser le jeu.
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Source : https://beto.cd/coach-na-beto-noah-sadiki-match-reference-ouzbekistan/
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