Au Sud-Kivu, les Forces vives saluent l'ouverture manifestée par le président Félix Tshisekedi à la suite des initiatives menées par des responsables des Églises catholique et protestante.

Elles estiment toutefois que cette démarche aurait dû intervenir bien plus tôt, alors que les populations de l'Est ont déjà payé un lourd tribut aux conflits armés.

Dans une déclaration rendue publique ce week-end, Murhula Machumbiko, président du noyau communal d'Ibanda de la Société civile Forces vives du Sud-Kivu et défenseur des droits humains, renseigne que, les informations faisant état d'un accord du chef de l'État en faveur d'un dialogue national inclusif constituent un signal encourageant pour les Congolais qui aspirent à une sortie durable de la crise.

" Nous saluons cette initiative, car elle peut constituer une étape déterminante vers la restauration de la paix ", déclare-t-il.

Mais derrière cet espoir, la société civile exprime également un profond sentiment de regret.

Selon Murhula Machumbiko, les discussions réclamées depuis plusieurs années auraient pu être engagées avant que les violences ne causent d'importantes pertes humaines et matérielles dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

" Une grande partie de la population a déjà payé un lourd tribut. Des proches ont été perdus, des vies brisées et des biens détruits au cours de ces années de guerre et d'insécurité ", souligne le président de la société civile Noyau communal d'Ibanda.

Il estime qu'un dialogue lancé plus tôt aurait pu contribuer à réduire les souffrances des populations civiles et à prévenir certaines tragédies qui ont marqué l'Est du pays.

Pour cette organisation citoyenne, le futur cadre de concertation nationale devra avant tout s'articuler autour de trois priorités notamment; le retour de la paix, la consolidation de la sécurité et la reconstruction du tissu social profondément affecté par les conflits.

La société civile Noyau communal d'Ibanda dans la ville de Bukavu plaide également pour que les questions de justice, de réparation et de prise en charge des victimes soient intégrées parmi les principaux engagements issus du dialogue.

" Les victimes ne doivent pas seulement être évoquées dans les discours. Elles doivent être entendues, reconnues et placées au cœur des solutions ", insiste Murhula Machumbiko.

Au-delà de la participation des acteurs politiques et religieux, les Forces vives du Sud-Kivu jugent indispensable l'implication directe de la société civile, notamment celle des provinces les plus touchées par les violences.

Pour Machumbiko, il serait difficile d'aborder sérieusement les causes profondes de la guerre sans la présence des communautés affectées et des personnes qui en ont subi les conséquences.

" Aucun dialogue ne peut produire des résultats durables sans les victimes et les forces vives. Ce sont elles qui connaissent les réalités du terrain et qui portent les cicatrices du conflit ", affirme-t-il.

Alors que les attentes demeurent fortes autour de cette initiative, la société civile Noyau communal d'Ibanda appelle l'ensemble des futurs participants à privilégier la vérité, la responsabilité et l'intérêt supérieur de la nation.

L'objectif, conclut-elle, doit être de créer les conditions d'une paix durable et d'empêcher le retour des cycles de violences qui continuent d'affecter l'Est de la RDC depuis plusieurs décennies.

" Il faut que les voix des armes se taisent au nom de la paix, au nom de la vie et au nom de la dignité du peuple congolais ", conclut la déclaration.

L'article Dialogue national Inclusif en RDC: la société civile d'Ibanda dans la ville de Bukavu salue l'initiative, tout en déplorant son caractère tardif est apparu en premier sur Kivu-Avenir.



Source : https://kivuavenir.com/dialogue-national-inclusif-en-rdc-la-societe-civile-dibanda-dans-la-ville-de-bukavu-salue-linitiative-tout-en-deplorant-son-caractere-tardif/