Le ministre de la Santé publique, Samuel Roger Kamba, a été entendu le 16 juillet à l'Assemblée nationale sur la riposte contre la dix-septième épidémie de maladie à virus Ebola, dans le cadre du contrôle parlementaire. Devant les députés, il a chiffré l'épidémie à 2 011 cas confirmés et 744 décès, pour une létalité qu'il a située à 37,5 %, dans quarante-deux zones de santé de cinq provinces.
" Nous avons actuellement 2 011 cas confirmés de maladie à virus Ebola, avec 744 décès. Nous avons 42 zones de santé touchées dans cinq provinces et la province de l'Ituri, malheureusement, est le grand épicentre de cette épidémie ", a déclaré le ministre.
Le nombre de cas confirmés et le taux de létalité qu'il a cités sont ceux du point de situation gouvernemental du 13 juillet, diffusé par le ministère de la Communication et des Médias, dont le bilan faisait état de 754 décès. Le même 16 juillet, le Centre d'opérations d'urgence de santé publique (COUSP) publiait son rapport de situation n°062 : 2 124 cas confirmés, 828 décès, une létalité de 39,0 % et quarante-six zones de santé touchées, dont quarante-cinq en transmission active. L'écart entre le bilan cité par le ministre et celui du COUSP est de 113 cas et de 84 décès. Les deux documents ne portent pas sur la même date de rapportage : le rapport du COUSP est arrêté au 15 juillet, le point gouvernemental au 13 juillet.
Quatorze laboratoires et des résultats en vingt-quatre heures
Le ministre a consacré l'essentiel de son intervention aux moyens déployés depuis la déclaration de l'épidémie, le 15 mai. " La réponse que nous avons développée en deux mois, selon les déclarations de l'OMS, a été très robuste, avec plus de 14 laboratoires et plus de 700 lits déployés en un mois et demi ", a-t-il expliqué. Il a ajouté que " tous les cas sont aujourd'hui testés et le diagnostic est donné souvent dans les 24 heures par l'INRB ". Le ministre avait indiqué la veille que cinquante millions de dollars avaient été décaissés par le gouvernement depuis le début de l'épidémie et qu'une dizaine de centres de traitement avaient été construits, notamment à Bunia, Rwampara, Mongbwalu, Nyakunde, Komanda et Aru.
Samuel Roger Kamba a situé en Ituri près de 90 % des cas du pays, le Nord-Kivu en concentrant environ 9 %, le solde se répartissant entre le Sud-Kivu, le Haut-Uélé et la Tshopo. Il a reconnu devant les députés que la mobilité difficile dans certaines zones et la méconnaissance de la maladie retardent le dépistage et la prise en charge, ce qui augmente le risque de transmission communautaire. Le rapport du COUSP arrêté au 15 juillet donne une mesure de cette transmission communautaire : sur les vingt-quatre décès enregistrés ce jour-là en Ituri, seize sont survenus dans la communauté et ont été confirmés par prélèvement, contre huit dans les centres de traitement. À Mongbwalu, berceau de l'épidémie, un malade sur deux meurt. Le ministre a par ailleurs indiqué que Kinshasa n'a enregistré aucun cas positif depuis le début de la flambée.
L'audition intervient alors que la riposte reste exposée à un conflit social. Les prestataires du centre de traitement de Rwampara, près de Bunia, ont durci leur grève le 13 juillet pour réclamer le paiement de primes et de salaires, avant une reprise du travail sous condition le lendemain. Début juillet, Médecins sans frontières alertait sur un " rythme sans précédent " de progression. L'épidémie est due à la souche Bundibugyo, contre laquelle il n'existe à ce jour ni vaccin homologué ni traitement spécifique, le vaccin Ervebo ne protégeant que contre la souche Zaïre.
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