La dix-septième épidémie de maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo totalise 2 124 cas confirmés et 828 décès au 15 juillet, soit une létalité de 39,0 %. Ces chiffres figurent dans le rapport de situation n°062 du Centre d'opérations d'urgence de santé publique (COUSP), publié le 16 juillet. En vingt-quatre heures, la riposte a enregistré 51 nouvelles confirmations et 32 décès.

L'Ituri concentre 89,6 % des cas cumulés, avec 1 904 malades confirmés et 692 morts, pour une létalité provinciale de 36,3 %. La province a rapporté 41 des 51 nouvelles confirmations du jour, réparties entre Bunia, Nizi, Rwampara, Mongbwalu, Lita, Damas, Kilo, Nia-Nia et Mahagi. Sur ses 24 décès quotidiens, 16 sont survenus dans la communauté et ont été confirmés par prélèvement, contre 8 dans les centres de traitement. Deux tiers des morts du jour dans la province n'ont donc pas atteint une structure de soins.

C'est la détection d'un premier malade à Mahagi qui retient l'attention des épidémiologistes. La zone de santé devient la vingt-septième touchée en Ituri, sur trente-six, et jouxte l'Ouganda. " L'apparition d'un premier cas dans la zone de santé de Mahagi, située à la frontière avec l'Ouganda, élargit davantage l'aire de transmission et renforce le risque de propagation transfrontalière ", écrit le COUSP, pour qui la situation justifie un renforcement immédiat de la surveillance et du dépistage aux points d'entrée. Deux autres zones de santé frontalières, Aru et Ariwara, étaient déjà touchées. Selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies, l'Ouganda a déclaré 20 cas confirmés et deux décès, sans nouvelle contamination signalée depuis le 21 juin.

Au Nord-Kivu, des morts hors des centres

Au Nord-Kivu, dix confirmations sont venues de Katwa, Butembo, Beni et Musienene, et les huit décès du jour sont tous survenus dans la communauté, aucun en centre de traitement. La province cumule 199 cas et 119 décès, soit 59,8 %, une létalité supérieure de plus de vingt points à celle de l'Ituri. Le COUSP n'explique pas cet écart. Le Haut-Uélé, dont le rapport du 15 juillet n'est pas parvenu au COUSP, reste à 14 cas et 13 morts, la Tshopo compte 4 cas et 3 décès, le Sud-Kivu 3 cas et un décès : des létalités calculées sur des effectifs trop faibles pour être interprétées.

L'épidémie touche désormais 46 des 140 zones de santé des cinq provinces concernées, dont 45 connaissent encore une transmission active. Miti-Murhesa, au Sud-Kivu, a franchi son cinquantième jour sans nouveau cas et sort de la liste des zones actives.

La riposte prend en charge 725 patients en isolement et a déclaré 390 guéris, dont treize en une journée. Le suivi des contacts atteint 80,3 % au niveau national, avec 10 195 personnes vues sur 12 693 recensées, mais trois zones de santé, dont Bunia et Mahagi, n'ont pas transmis leur rapport. D'autres indicateurs du même document sont plus sombres : le taux d'investigation des alertes tombe à 28,1 % en Ituri, et plusieurs structures débordent, le centre de transit de Bambu étant occupé à 316 % de sa capacité. Le COUSP attribue la poursuite de la transmission aux mouvements de population, à l'insécurité, aux activités minières artisanales et aux échanges avec l'Ouganda et le Soudan du Sud. L'épidémie est due à la souche Bundibugyo, contre laquelle il n'existe ni vaccin homologué ni traitement spécifique, le vaccin Ervebo ne protégeant que contre la souche Zaïre. Selon l'Organisation mondiale de la santé, un essai clinique évaluant deux traitements expérimentaux a été lancé début juillet en Ituri.

The post Ebola en RDC : 2 124 cas confirmés et 828 décès au 15 juillet, un premier cas détecté à Mahagi appeared first on BETO.



Source : https://beto.cd/ebola-rdc-2124-cas-828-deces-15-juillet-mahagi/