Le rapport de situation arrêté au 13 juillet et publié le lendemain fait état de 754 décès pour 2 011 cas confirmés depuis le début de l'épidémie, soit un taux de létalité global de 37,5 %. Ce pourcentage rapporte le nombre de morts à l'ensemble des cas confirmés recensés, toutes provinces et toutes périodes confondues.
Le ministre de la Santé, Roger Kamba, a lui-même invité à ne pas s'enfermer dans le taux. " Si l'on évalue la situation dans son ensemble, nous pensons que cette maladie peut être vaincue. Il y a déjà beaucoup de personnes guéries. Ce n'est pas une question de pourcentage, mais de nombre : plus de 300 personnes sont déjà guéries de cette maladie ", a-t-il déclaré, cité par Radio Okapi.
La prudence vaut dans les deux sens, car le taux global sous-estime la sévérité de la maladie à ce stade. Sur les 2 011 cas confirmés, 753 patients sont encore en isolement ou hospitalisés, leur issue inconnue. Si l'on ne considère que les cas dont l'histoire est déjà écrite, 366 guérisons et 754 décès, la maladie a emporté un peu plus de deux malades sur trois. L'écart entre les deux lectures, 37,5 % d'un côté et environ 67 % de l'autre, tient au grand nombre de cas encore en cours de prise en charge, que le calcul global range par défaut du côté des vivants. Le taux définitif s'établira entre ces bornes, à mesure que les cas actifs se résolvent.
Rapporté à l'histoire de la souche, le chiffre reste dans une fourchette connue. Le Bundibugyo, identifié en 2007 et 2008 dans le district ougandais du même nom lors de la première flambée due à ce virus, y avait tué environ un quart des malades, et jusqu'à 34 à 40 % des cas confirmés en laboratoire. C'est une létalité plus basse que celle des souches Zaïre et Soudan, qui va de 53 à 90 %. La séquence congolaise se situe dans le haut de cette fourchette historique, sans la dépasser.
Plusieurs facteurs pèsent sur ce bilan. Contre le Bundibugyo, il n'existe à ce jour ni vaccin homologué ni traitement spécifique, le vaccin Ervebo ne protégeant que contre la souche Zaïre, et un essai clinique, PARTNERS, n'évalue que depuis début juillet deux traitements expérimentaux. La précocité de la prise en charge reste déterminante. " Nous continuons toutefois à encourager la population à consulter le plus rapidement possible dès l'apparition des premiers symptômes, au lieu d'attendre la phase aiguë, lorsque surviennent la diarrhée et les vomissements, qui est la période la plus difficile à prendre en charge ", a souligné Roger Kamba.
Un dernier indicateur mérite l'attention autant que le taux de mortalité : le suivi des contacts, à 67,4 %, demeure en deçà du seuil recherché. C'est là, plus que dans le pourcentage de létalité, que se joue la suite. Plus tôt les cas sont détectés et orientés vers les soins, plus le taux final refluera.
À lire aussi
The post Ebola en RDC : ce que le taux de létalité de 37,5 % dit, et ne dit pas appeared first on BETO.
Source : https://beto.cd/ebola-rdc-taux-letalite-37-5-explication/
0 Commentaires