La capacité de traitement contre la maladie à virus Ebola en RDC dépasse désormais huit cents lits et continue d'augmenter, a indiqué le 16 juillet le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d'un point de presse à Genève. Le nombre de laboratoires est passé d'un seul à seize et plus de vingt et un mille agents communautaires sont en formation. Le même jour, le point de situation officiel du gouvernement recensait 722 patients en isolement ou hospitalisés, sur un cumul de 2 181 cas confirmés et 864 décès.

Ces lits ne disent pourtant qu'une part de l'histoire. " Environ deux tiers des décès surviennent dans les communautés, parmi des personnes qui ne reçoivent jamais de soins dans une structure de santé ", a déclaré le directeur général de l'OMS. Autrement dit, l'essentiel de la mortalité se joue avant l'admission, hors des centres de traitement dont on compte les lits.

Ce que recouvrent les " lits " annoncés

Le ministre de la Santé publique, Samuel Roger Kamba, avait chiffré la veille la construction d'une dizaine de centres de traitement, à Bunia, Rwampara, Mongbwalu, Nyakunde, Komanda et Aru. Cette capacité hospitalière progresse. Mais la première ligne, celle qui dépiste et oriente, se fragilise là où l'épidémie est la plus active. En territoire de Djugu, des chefs coutumiers ont fait état, le 15 juillet, de la fermeture de neuf des douze postes de santé de l'aire de santé Héritage, submergés par l'afflux de patients. " La situation est grave et a déjà occasionné la mort de plus d'une centaine de personnes ", a affirmé le chef de secteur des Walendu Djatsi, Justin Gudza Kiza, un décompte local provisoire non confirmé par les autorités.

Ces postes fermés ne sont pas des lits de traitement : ce sont les structures de proximité où un malade est repéré, testé et orienté vers un centre. Leur fermeture allonge le trajet vers le soin, au moment où le virus circule le plus vite. À Rwampara, près de Bunia, les prestataires n'avaient repris le travail que sous condition le 14 juillet, après une grève sur des primes impayées. Le 15 juillet, un centre de traitement de Bunia a été attaqué, a rapporté l'OMS.

Le suivi des contacts, qui permet d'identifier les malades avant qu'ils ne contaminent, atteint 66,9 % à l'échelle nationale selon le point du 16 juillet. Plus de 80 % des nouveaux cas sont détectés en dehors des listes de contacts connus, a précisé l'OMS, signe que des chaînes de transmission échappent encore à la surveillance.

L'épidémie, la dix-septième que connaît la RDC, est due à la souche Bundibugyo, contre laquelle il n'existe à ce jour ni vaccin homologué ni traitement spécifique. L'épidémie, a résumé l'OMS, " continue de devancer la riposte ", dont le plan conjoint avec Africa CDC accuse un déficit de financement supérieur à 400 millions de dollars.

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