Alors que plusieurs de ses responsables politiques et militaires sont visés par des sanctions internationales, l'AFC/M23 aurait engagé une campagne pour organiser des manifestations de soutien dans les territoires qu'il contrôle à l'est de la RDC. Selon des témoignages recueillis sur place, une réunion s'est tenue ce lundi à Goma avec des cadres de base du mouvement et des chefs coutumiers venus notamment du territoire de Nyiragongo, invités à mobiliser les habitants de leurs entités pour assurer une forte participation. Des calicots et d'autres supports auraient déjà été distribués.
La tension est particulièrement vive à Kamanyola, dans le territoire de Walungu, au Sud-Kivu. D'après un notable de la cité, une réunion s'est tenue dimanche soir au cours de laquelle responsables religieux, chefs coutumiers, notables et représentants d'organisations locales ont été sommés de participer à une marche de soutien au mouvement rebelle. Les participants seraient contraints de défiler derrière des banderoles portant le message " Nous refusons le départ du M23/AFC à Kamanyola ". Plusieurs personnalités locales feraient l'objet de menaces en cas de refus. " Nous demandons à la communauté internationale de protéger les civils de Kamanyola face à cette situation ", plaide ce notable, qui redoute une escalade.
Cette mobilisation interviendrait sur fond de mécontentement dans les zones occupées. Plusieurs habitants dénoncent une pression fiscale qu'ils jugent excessive, évoquant des taxes imposées sur les habitations, les véhicules, les motos et diverses activités économiques. Des témoignages font aussi état d'une dégradation des conditions de vie, marquée par une hausse de la criminalité et la découverte régulière de corps sans vie, notamment dans le lac Kivu. Ces récits recoupent des constats déjà documentés par des sources indépendantes. L'agence Fides a fait état de meurtres, de disparitions et de travaux forcés à Kamanyola sous contrôle du M23, tandis que des enquêtes de presse ont décrit un détournement massif des recettes du Sud-Kivu au profit de la rébellion et de son soutien extérieur.
Le contexte est celui d'un durcissement de la pression sur le mouvement. Le 14 juillet, le Conseil de sécurité des Nations unies a ajouté à sa liste de sanctions Corneille Nangaa, coordonnateur de l'Alliance Fleuve Congo, et cinq autres chefs de groupes armés, dont un responsable du M23. Ces désignations entraînent le gel des avoirs, l'interdiction de voyager et un embargo sur les armes, mesures qui s'ajoutent à celles des États-Unis et de l'Union européenne. Plusieurs rapports du Groupe d'experts de l'ONU accusent aussi le Rwanda de soutenir l'AFC/M23 et d'exploiter illicitement des ressources minières de l'est du pays, ce que Kigali dément.
Ces informations, rapportées par des sources locales et un collaborateur de BETO présent dans la région, n'ont pu être confirmées de manière indépendante auprès de l'AFC/M23, qui ne s'est pas exprimé sur ces réunions. Elles convergent toutefois avec un faisceau de constats sur la contrainte exercée dans les zones occupées, où le mouvement cherche à afficher un soutien populaire au moment même où la communauté internationale resserre l'étau autour de ses dirigeants.
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Source : https://beto.cd/est-rdc-afc-m23-marches-soutien-zones-occupees-contrainte/
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