Cinq cents à mille francs à chaque barrière, parfois tous les cinq kilomètres. C'est le tarif que des militaires et des policiers imposaient aux conducteurs de motos et de véhicules sur les routes de l'Ituri, notamment sur les axes Bunia-Kasenyi, Nyakunde, Komanda, Mahagi et Aru. Dans une note officielle diffusée le samedi 25 juillet 2026 et devenue virale, le gouverneur militaire de la province a ordonné d'y mettre fin : le texte " instruit les autorités militaires, policières et administratives de démanteler toutes les barrières illégales érigées sur les principaux axes routiers ".
Le péage informel en chiffres
- 500 à 1 000 FC : le montant réclamé à chaque point de contrôle.
- Tous les 5 km : la fréquence des barrières sur certains tronçons.
- 5 axes : Bunia-Kasenyi, Nyakunde, Komanda, Mahagi et Aru.
- 22 juillet : journée ville morte à Mahagi et Ngote.
- 25 juillet : la circulaire du gouverneur militaire.
La mesure n'est pas née dans un bureau. À Mahagi, des jeunes ont démantelé eux-mêmes plusieurs barrières avant d'être dispersés par la police. La société civile a ensuite décrété une journée ville morte le 22 juillet, à Mahagi et à Ngote : commerces fermés, transports paralysés. C'est après cette mobilisation que le gouverneur militaire a ordonné la suppression des barrières et l'ouverture d'enquêtes, d'abord pour Mahagi. Vingt-quatre heures plus tard, la mesure était étendue à l'ensemble de la province.
L'ordre de grandeur économique se calcule facilement, même sans étude officielle. Un chauffeur qui parcourt cent kilomètres sur un axe équipé d'une barrière tous les cinq kilomètres franchit vingt points de contrôle. À mille francs l'unité, il verse vingt mille francs pour un seul trajet, soit près de neuf dollars au taux de la Banque centrale, sur une marchandise dont le prix devra les absorber. Ce prélèvement ne figure dans aucune comptabilité publique et n'alimente aucun budget.
La circulaire confie l'application aux commandants militaires, aux administrateurs de territoires et au maire de Bunia. Les contrevenants s'exposent à des poursuites devant la justice militaire, ce qui place les auteurs présumés, militaires et policiers, sous une juridiction qui peut effectivement les juger.
Les organisations citoyennes saluent la décision et attendent. Elles rappellent, selon Radio Okapi, que " des mesures similaires ont déjà été annoncées par les autorités militaires et les gouverneurs successifs, sans produire de résultats significatifs sur le terrain ". Le nombre de barrières effectivement démantelées depuis le 25 juillet n'a pas été communiqué, et c'est ce chiffre, plus que la circulaire, qui dira si quelque chose a changé sur la route de Mahagi.
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