La République démocratique du Congo compte cinq biens inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO. Les cinq sont naturels, aucun n'est culturel. Ensemble, ils couvrent 5,78 millions d'hectares, une surface supérieure à celle de la Suisse. Quatre d'entre eux figurent toujours sur la Liste du patrimoine mondial en péril, certains depuis trente-deux ans.

Les cinq biens congolais

  • Virunga (1979) — 790 000 ha — en péril depuis 1994.
  • Kahuzi-Biega (1980) — 600 000 ha — en péril depuis 1997.
  • Salonga (1984) — 3,6 millions ha — sorti du péril en 2021.
  • Réserve de faune à okapis (1996) — 282 000 ha — en péril depuis 1997.
  • Garamba — 512 736 ha — en péril 1984-1992, puis depuis 1996.

Les cinq, par ordre d'entrée

Le Parc national des Virunga ouvre la série en 1979. L'UNESCO le décrit ainsi : " S'étendant sur 790 000 ha, le parc des Virunga présente une diversité d'habitats incomparable, allant des marécages et des steppes jusqu'aux neiges éternelles du Rwenzori, à plus de 5 000 m d'altitude, en passant par les plaines de lave et les savanes sur les pentes des volcans. " Vingt mille hippopotames fréquentent ses rivières.

Le Parc national de Kahuzi-Biega suit en 1980, sur 600 000 hectares. Le Parc national de la Salonga est inscrit en 1984, et c'est le géant des cinq avec 3,6 millions d'hectares. La Réserve de faune à okapis entre en 1996, sur 282 000 hectares. Le Parc national de la Garamba, 512 736 hectares, porte sur sa fiche une date d'inscription de 2026, dont la page consultée n'explique pas la nature.

La RDC a ratifié la Convention du patrimoine mondial le 23 septembre 1974. Elle a par la suite siégé une fois au Comité du patrimoine mondial, de 1980 à 1987.

Le décompte du péril, site par site

Les Virunga sont inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril depuis 1994, et y sont encore. Trente-deux ans. La Garamba y est entrée une première fois de 1984 à 1992, puis de nouveau à partir de 1996, sans en être ressortie. Kahuzi-Biega et la Réserve de faune à okapis y figurent depuis 1997.

La Salonga fait exception. Sa fiche indique une inscription en péril de 1999 à 2021 : c'est le seul bien congolais à être sorti de la liste, il y a cinq ans.

Le décompte exact est donc de quatre sur cinq. Il mérite d'être posé, parce que la page de l'UNESCO consacrée au patrimoine en péril affirme encore le contraire : " Depuis 1994, les cinq sites du patrimoine mondial de la République démocratique du Congo sont inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril, en raison de la guerre et des troubles civils qui ravagent la région des Grands lacs. " Cette phrase, contredite par la fiche de la Salonga sur le même site, n'a pas été mise à jour. La seule bonne nouvelle du dossier congolais est absente de la page qui le résume.

L'argent déjà engagé

Le patrimoine naturel congolais n'a pas manqué de plans de sauvetage. En 1999, l'UNESCO lance avec plusieurs ONG internationales une campagne de sauvegarde visant, selon ses termes, à protéger l'habitat " d'espèces menacées comme le gorille des montagnes, le rhinocéros blanc et l'okapi ". Elle débouche sur un programme quadriennal de 3,5 millions de dollars, financé par la Fondation des Nations Unies et le gouvernement belge.

En 2004, des bailleurs internationaux, des ONG et les gouvernements belge et japonais promettent 50 millions de dollars supplémentaires pour restaurer ces parcs. Les États-Unis ont depuis réaffirmé leur engagement en faveur des aires protégées congolaises.

Au titre de l'assistance internationale prévue par la Convention, la RDC a par la suite obtenu 45 demandes approuvées, pour un total de 1 178 205 dollars. Les biens congolais ont fait l'objet de 149 rapports sur l'état de conservation depuis 1979, ce qui en fait l'un des dossiers les plus suivis du système.

Aucun bilan public ne dit ce que les 3,5 millions de 1999 et les 50 millions promis en 2004 ont produit sur le terrain.

Ce qui attend derrière la porte

Quatre sites congolais figurent sur la liste indicative, l'inventaire de ce qu'un État a l'intention de proposer. Trois y sont depuis 1997 : les grottes de Dimba et Ngovo, les grottes de Matupi, la dépression de l'Upemba. Le quatrième, le parc national de la Lomami, a été ajouté en 2024.

Les trois premiers attendent depuis vingt-neuf ans. Deux d'entre eux sont des sites archéologiques, ce qui signifie que la RDC, pays aux cinq classements exclusivement naturels, n'a toujours aucun bien culturel inscrit, alors que ses candidatures dans cette catégorie datent du siècle dernier.

Trois choses que ce dossier ne dit pas

La date d'inscription de 2026 portée sur la fiche de la Garamba n'est pas expliquée par la page consultée. Réinscription, extension de périmètre ou correction de base, la nature de l'opération reste à établir auprès du Centre du patrimoine mondial.

Aucune donnée de fréquentation touristique des cinq sites n'est publiée par l'Institut congolais pour la conservation de la nature. Sans ce chiffre, la valeur économique du patrimoine naturel congolais reste une affirmation.

Et personne ne publie l'état d'avancement des candidatures de 1997. Trois dossiers déposés il y a vingt-neuf ans, aucun calendrier connu.

Cinq classements, dont quatre en péril, un seul sauvetage abouti en cinquante-deux ans de convention : le patrimoine naturel congolais est méconnu, y compris de ceux qui tiennent les registres.

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