Pour un mois, la RDC tient le marteau du Conseil de sécurité des Nations unies. Cette présidence tournante, exercée en juillet, n'est pas qu'un protocole : elle offre à Kinshasa une tribune et un levier au moment où le pays plaide sa cause face à l'agression dans l'Est.

Signe de ce rôle, la RDC a conduit, les 7 et 9 juillet, les dialogues informels du Conseil avec trois candidats à la succession d'António Guterres au poste de secrétaire général : l'ancien président sénégalais Macky Sall, l'Argentin Rafael Grossi et la Guyanienne Carolyn Rodrigues-Birkett. La fonction " revêt une importance majeure ", a souligné la mission congolaise, qui promet un processus " transparent " et " inclusif ".

Conduire ces échanges place l'ambassadeur Zénon Mukongo Ngay, représentant permanent de la RDC, au centre d'un moment clé de la vie onusienne. Le Conseil doit recommander un nom à l'Assemblée générale avant la fin du mandat de Guterres, le 31 décembre. Six candidatures restent en lice.

L'enjeu, pour Kinshasa, dépasse le cérémonial. La présidence permet de peser sur l'agenda, de convoquer des réunions et de porter en pleine lumière les dossiers congolais : l'agression rwandaise, les sanctions contre le M23, la protection des civils. La Première ministre, Judith Suminwa, a d'ailleurs présidé un débat au Conseil et porté la voix du pays à New York.

Reste à transformer la tribune en résultats. Une présidence dure un mois ; l'agression, elle, s'inscrit dans la durée. Mais dans une bataille autant diplomatique que militaire, occuper le perchoir du Conseil, même brièvement, est un capital que Kinshasa entend faire fructifier.

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