La RDC veut confier la sécurité de ses mines à une force dédiée. Annoncé en avril, le projet d'une unité paramilitaire forte de quelque 20 000 hommes, destinée à protéger les sites miniers du sud du pays, prend corps avec l'appui financier des États-Unis et des Émirats arabes unis.

Le dispositif est ambitieux. Chiffré à 100 millions de dollars, il prévoit le déploiement de 3 000 recrues d'ici décembre, pour atteindre 20 000 " gardes miniers " à l'horizon 2028, selon l'agence Bloomberg. L'Inspection générale des mines l'a présenté comme une " unité spéciale paramilitaire destinée à sécuriser toute la chaîne d'exploitation minière ".

La logique est limpide. Le sud minier, autour du Lualaba et du Haut-Katanga, concentre le cuivre et le cobalt qui font vivre l'économie congolaise, mais reste exposé aux vols, aux trafics et aux incursions de groupes armés. Sécuriser cette chaîne, c'est protéger la principale source de devises de l'État et rassurer des investisseurs toujours plus nombreux.

Le projet dit aussi la stratégie de Kinshasa : adosser sa sécurité à ses ressources. En finançant cette force, Washington et Abou Dhabi, désormais engagés dans le cuivre, le cobalt et l'or congolais, protègent des intérêts qu'ils partagent avec l'État. Selon le Critical Threats Project, cette convergence s'inscrit dans un partenariat où les minerais paient la sécurité.

Les questions demeurent. Une force paramilitaire de cette taille pose celle de son commandement, de son contrôle et du respect des droits dans des zones déjà lourdement militarisées. Mais pour Kinshasa, l'équation est d'abord stratégique : sans sécurité, pas de production, et sans production, pas de recettes.

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