Le parti présidentiel contre-attaque. Dans un communiqué signé à Kinshasa le 12 juillet 2026 par son président ad interim Augustin Kabuya Tshilumba, l'UDPS/Tshisekedi dément formellement avoir dépêché sept membres de sa Force du Progrès pour empêcher un sit-in de l'opposition, le 12 juin, comme l'affirmait un rapport de l'organisation Human Rights Watch publié le 9 juillet.

Le document de l'ONG mettait en cause le parti au pouvoir dans les incidents survenus lors de cette manifestation. L'UDPS conteste à la fois le fond et la méthode. Sur la méthode, elle reproche à Human Rights Watch de s'être fondée " exclusivement sur les allégations de l'opposition, sans avoir pris l'initiative de recueillir la version des faits auprès des responsables du parti ". Elle affirme avoir appris le passage à Kinshasa du directeur exécutif de l'ONG et ses rencontres avec des figures de l'opposition par voie de presse, et soutient que ce responsable a rencontré des membres du gouvernement, mais non les instances dirigeantes du parti. De ce déséquilibre, elle conclut à une " insuffisance manifeste dans la collecte contradictoire des informations ".

Sur le fond, le parti dément " catégoriquement " que les sept individus se présentant comme membres de la Force du Progrès aient été mandatés ou envoyés par sa hiérarchie. Il précise que cette structure est " une structure de mobilisation citoyenne rattachée à la Ligue des Jeunes du Parti ", chargée de sensibiliser les militants, et " en aucun cas une structure d'agression ou de violence ". Toute tentative d'imputer au parti les agissements de personnes " usurpant frauduleusement cette identité " est, selon lui, inexacte et attentatoire à sa réputation.

L'UDPS rappelle enfin que l'affaire est déjà entre les mains de la justice. Elle est pendante devant le Parquet général près la Cour de cassation, à la suite d'une plainte déposée le 22 juin. Le parti invite Human Rights Watch à mettre à la disposition de la justice congolaise tous les éléments d'identification des sept individus cités dans son rapport, afin de faciliter les investigations. Tout en réaffirmant son attachement au respect des droits de l'homme et sa disponibilité à un " échange objectif, impartial et contradictoire ", il se réserve le droit d'engager des poursuites si des allégations " inexactes, non vérifiées ou diffamatoires " venaient à être maintenues à son encontre.

Deux récits s'opposent donc, celui d'une organisation de défense des droits humains et celui du parti au pouvoir, autour d'une manifestation dont les responsabilités restent à établir. La justice congolaise, déjà saisie, devra dire lequel des sept hommes agissait pour qui, et si la Force du Progrès a été instrumentalisée ou usurpée. En attendant, le bras de fer entre Kinshasa et Human Rights Watch illustre la sensibilité extrême du climat politique congolais, à l'heure où le pouvoir et l'opposition s'affrontent sur le terrain de la rue comme sur celui des institutions.

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