Ce phénomène, qui touche principalement les jeunes, alimente les inquiétudes quant à ses conséquences sur la santé publique, la sécurité et l'avenir socio-économique de la province.
Dans plusieurs quartiers de la ville, des habitants rapportent une présence croissante de jeunes consommant des stupéfiants et des boissons fortement alcoolisées.
Selon des organisations locales, cette consommation est favorisée par le chômage, la précarité, les traumatismes liés aux conflits armés et le manque de perspectives pour une partie de la jeunesse.
Les spécialistes de la santé mentale contactés soulignent que l'usage régulier de ces substances peut entraîner une dépendance, des troubles psychiques, des comportements violents ainsi qu'une désocialisation progressive.
Cette réalité n'est pas nouvelle dans la province : des responsables sanitaires avaient déjà établi un lien entre l'augmentation des troubles mentaux et la consommation de drogues, dans un contexte marqué par les violences répétées dans l'est de la RDC.
La situation est d'autant plus préoccupante que Bukavu fait également face à une augmentation du nombre d'enfants vivant dans la rue, une catégorie particulièrement vulnérable au recrutement dans les réseaux de consommation et de trafic de stupéfiants.
Plusieurs organisations estiment que cette combinaison de facteurs constitue un risque majeur pour la stabilité sociale de la ville.
Face à cette réalité, des acteurs de la société civile plaident pour une réponse multidimensionnelle associant les autorités, les familles, les établissements scolaires, les confessions religieuses et les structures de santé.
Ils recommandent le renforcement des campagnes de sensibilisation, l'accès aux soins pour les personnes dépendantes, la lutte contre les réseaux de trafic ainsi que la création d'opportunités d'emploi et de formation pour les jeunes.
Pour plusieurs observateurs, la lutte contre la drogue ne peut se limiter aux seules opérations de répression. Elle passe également par des politiques publiques capables d'offrir des alternatives aux jeunes confrontés à l'exclusion, à la pauvreté et aux effets prolongés des conflits.
Sans une réponse coordonnée, préviennent-ils, le phénomène pourrait compromettre durablement le développement humain et économique de Bukavu et de l'ensemble du Sud-Kivu.
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