Parmi les victimes figurent Matumwabirhi Aiza Elias, son épouse Denise Mambo, leurs deux petites sœurs ainsi qu'une jeune fille qui séjournait dans la famille pendant les vacances.

Le drame ajoute une nouvelle page sombre à une série d'incendies qui endeuillent régulièrement la capitale provinciale du Sud-Kivu. Quelques jours auparavant, des sinistres avaient déjà frappé plusieurs quartiers de Bukavu, notamment Ibanda, où plusieurs dizaines de maisons et des ateliers artisanaux ont été détruits par les flammes.

Une ville meurtrie par les flammes

À Bukavu, les incendies ne sont plus de simples accidents domestiques isolés. Ils s'inscrivent dans une succession de catastrophes qui fragilisent davantage une population déjà confrontée à la précarité du logement, à la pauvreté et aux difficultés d'accès aux services essentiels.

Le 13 août, par exemple, un incendie avait ravagé plusieurs dizaines d'ateliers de la Confédération du monde de l'artisanat, privant près de 300 artisans de leurs espaces de travail et de formation.

Quelques jours plus tard, le 17 août, un autre incendie survenu à Panzi avait entraîné la découverte du corps sans vie d'un enfant dans les décombres, selon la Société civile d'Ibanda.

Cette succession de sinistres nourrit désormais une inquiétude grandissante au sein de la population. Derrière les chiffres se trouvent des familles privées de leurs maisons, des enfants arrachés à leurs proches, des travailleurs dépouillés de leurs outils et des ménages contraints de chercher refuge auprès de proches ou de personnes de bonne volonté.

" Une réponse structurelle " devenue urgente

Dans son message publié ce jeudi 20 Août, le député National élu du Sud Kivu, Mudekereza Namegabe Olive adresse ses condoléances aux familles endeuillées et exprime sa solidarité avec l'ensemble des victimes des incendies.

Mais au-delà de l'émotion, le député entend replacer ces drames dans une problématique plus vaste : celle de l'aménagement urbain et de la qualité de l'habitat.

Il affirme que son plaidoyer, engagé depuis plusieurs années, demeure orienté vers une politique durable de logement, de solidarité et de réaménagement urbain. Il appelle notamment les autorités compétentes à revoir et actualiser les plans d'urbanisation de Bukavu et des autres villes congolaises confrontées aux mêmes vulnérabilités.

Pour l'élu, la forte densité de certains quartiers, l'occupation anarchique de l'espace urbain et l'insuffisance d'espaces appropriés contribuent à amplifier les conséquences des incendies, mais aussi celles des éboulements et des inondations.

Une analyse qui rejoint les préoccupations exprimées ces derniers jours par plusieurs acteurs de la société civile du Sud-Kivu. Une note de plaidoyer publiée le 18 août faisait état de plus de 1 857 maisons détruites par des incendies à Bukavu et dans certains territoires du Sud-Kivu entre 2024 et 2026, avec plus de 15 000 personnes toujours sans assistance.

L'urgence de protéger les familles

Pour le député national, la réponse ne peut donc plus se limiter à intervenir après chaque catastrophe. Elle doit aussi consister à prévenir les risques, repenser l'habitat et renforcer la capacité des quartiers à faire face aux situations d'urgence.

Dans une ville construite sur des reliefs accidentés, où la pression démographique et foncière accentue la densification de certains espaces, la question de l'urbanisme devient ainsi indissociable de celle de la protection des vies humaines.

Le message de l'élu appelle également à la promotion de logements sociaux adaptés et à une meilleure planification de l'expansion urbaine.

Car, derrière chaque maison consumée, il y a une histoire. Derrière chaque toiture réduite en cendres, il y a des années de labeur. Et derrière chaque mort, il y a une famille désormais condamnée à apprendre à vivre avec une absence que rien ne pourra véritablement combler.

À Bukavu, où les flammes ont encore emporté des vies dans la nuit, l'enjeu dépasse désormais la seule question des incendies. Il touche à la dignité de l'habitat, à la sécurité des populations et à la responsabilité collective de construire une ville où vivre ne devrait jamais signifier exposer les siens au risque de tout perdre en quelques minutes.

Dans son message, Mudekereza Namegabe Olive réaffirme ainsi son engagement à poursuivre son plaidoyer en faveur d'une urbanisation mieux planifiée, d'un habitat digne et d'une meilleure protection des populations.

Il conclut son message par une prière pour les disparus et pour leurs familles : que les âmes des victimes reposent en paix et que Dieu " console et fortifie " ceux que le drame vient de laisser dans le deuil.

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Source : https://kivuavenir.com/bukavu-cinq-morts-dans-un-incendie-a-kadutu-olive-mudekereza-appelle-a-repenser-lurbanisation-de-la-ville/