Le Haut-Uélé a reçu dix-sept échantillons le 31 juillet et en a analysé huit. Quatre sont revenus positifs, trois à Isiro et un à Pawa, un cinquième résultat s'est révélé invalide. Les neuf autres attendent. La raison tient en une phrase du rapport de situation n°078 du Centre d'opérations d'urgence de santé publique : " Un seul des treize laboratoires planifiés est opérationnel, aux Cliniques universitaires de l'Uélé à Isiro ; les installations de Wamba et de Boma Mangbetu sont programmées et un kit solaire de 10 kW a été reçu de l'OMS. "

La province est entrée dans l'épidémie le 4 juillet, par des cas importés de la zone de santé de Nia-Nia, en Ituri. Elle compte au 31 juillet 57 cas confirmés et 28 décès, soit une létalité de 49,1 %, répartis dans cinq de ses treize zones de santé : Boma Mangbetu, Isiro, Pawa, Rungu et Wamba. Ce jour-là, quatre nouvelles confirmations ont été notifiées et aucun décès n'a été validé.

Le rapport inscrit l'installation de laboratoires de proximité au neuvième de ses douze défis, avec pour impact des délais de confirmation longs et une transmission non détectée. La riposte a décentralisé son dépistage à l'échelle nationale, passant d'un laboratoire à seize entre le 15 mai et le 16 juillet, quand le Haut-Uélé comptait déjà ses premiers cas. Le rapport demande d'accélérer le déploiement des capacités décentralisées, en citant cinq autres sites à équiper en Ituri : Rwampara, Fataki, Bambu-mine, Boga et Mambasa.

Le goulot diagnostique n'est pas seul. Le suivi des contacts de la province est retombé à 66,7 % au 31 juillet, 375 contacts vus sur 562, la zone de santé de Rungu n'ayant transmis aucune donnée exploitable. Les cinq centres de traitement de la province comptent 68 lits pour 37 malades en isolement, seize confirmés et vingt et un suspects, et le rapport note que " le CTE de Wamba dépasse sa capacité en confirmés (125 %) et le CTE de Boma Mangbetu manque de personnel ". Le tableau d'occupation ne chiffre ni les admissions ni les sorties du jour de la province, notées non disponibles, alors que le pilier prise en charge signale l'admission de deux confirmés, à Boma Mangbetu et à Wamba, et de cinq suspects. Aux points d'entrée et de contrôle, aucune alerte n'a été notifiée et les indicateurs de la province ne sont pas disponibles.

Trois membres du personnel de première ligne y sont confirmés, soit 5,3 % des cas de la province, dont un hospitalisé au centre de traitement d'Isiro. La communication de proximité, elle, tourne : 3 816 personnes touchées lors de visites dans 1 272 ménages, 1 426 lors de sensibilisations de masse, soixante-trois lors des causeries. Trois des quatorze radios ciblées ont diffusé. La traduction des outils d'information en mayogo et en mangbetu vient de commencer.

Le rapport inscrit enfin l'extension géographique vers le Haut-Uélé et la Tshopo parmi ses douze défis, avec pour action requise d'activer les vingt-trois points d'entrée et de contrôle prioritaires de la province et de renforcer la coordination transfrontalière. La province borde le Soudan du Sud, et l'INSP a déjà déployé des équipes de préparation dans le Bas-Uélé voisin, où aucun cas n'est recensé.

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