Le septième cas confirmé de la province de la Tshopo a été validé le 29 juillet dans la zone de santé de Wanie-Rukula, au sud-est de Kisangani. La province le rattache à cette zone, ce qui porterait à cinq sur vingt-trois le nombre de zones atteintes. Le Centre d'opérations d'urgence de santé publique, lui, ne l'a pas encore inscrit : " Ce classement n'est pas intégré aux cumuls dans l'attente de l'harmonisation avec la division provinciale de la santé ", écrit son rapport de situation n°078, arrêté au 31 juillet. Le rapport de la veille allait plus loin : sa page de garde inscrivait déjà " Tshopo (5/23) : Kabondo, Lubunga, Makiso-Kisangani, Mangobo et Wanierukula ", quand son propre tableau provincial s'en tenait à quatre zones, et il notait que " son classement reste à arbitrer ". Vingt-quatre heures plus tard, la page de garde du n°078 est revenue à quatre.

Le décompte national en porte la trace. Le même paragraphe des faits saillants ouvre par " Aucune nouvelle zone de santé affectée au cours des dernières 24 heures. Le cumul demeure à 49 zones de santé touchées sur 140 dans les cinq provinces ", avant de noter que la Tshopo déclare, elle, une cinquième zone. Les quatre zones de la province qui figurent au tableau restent Kabondo, Lubunga, Makiso-Kisangani et Mangobo.

La province compte sept cas confirmés, cinq décès et un guéri. Rapportée à ces sept cas, la létalité s'établit à 71,4 %, le taux le plus élevé du tableau national devant le Nord-Kivu (66,4 %), le Haut-Uélé (49,1 %), l'Ituri (41,4 %) et le Sud-Kivu (33,3 %) ; sur un effectif aussi faible, un décès de plus ou de moins le déplace de quatorze points. La Tshopo est aussi celle qui rapporte le moins. Le 31 juillet, ses alertes n'ont pas été transmises, non plus que son suivi des contacts ni ses données aux points de passage. " La Tshopo n'a pas rapporté ses alertes pour le 31 juillet : ses indicateurs restent non disponibles ", note le rapport, qui ne conserve pour la province qu'un seul chiffre, la proportion de points de contrôle activés : quatre sur dix-neuf. Aucun prélèvement n'a été rapporté ce jour-là et le suivi des contacts de Kabondo restait à zéro.

Sur le terrain, la zone en litige est pourtant déjà traitée comme une zone atteinte. Un kit de prévention et de contrôle des infections y a été colisé et livré, et le site d'érection d'un centre de traitement de grande capacité a été visité avec le COUSP, l'ONG IMA et Médecins sans frontières. Le pilier logistique de la province dispose de quatre véhicules de liaison, quatre motos et quatre ambulances pour un besoin établi à dix véhicules et vingt-sept motos, et l'organisation Village Reach n'a livré que 500 des 1 000 litres de gasoil promis.

À l'aire de santé de Madula, qui dépend de Wanie-Rukula, trois contacts à haut risque appartenant au personnel de première ligne suivent ce que le rapport appelle un traitement expérimental, sans que le produit soit nommé ni ses résultats documentés. Ni traitement ni vaccin n'est homologué contre la souche Bundibugyo, à l'origine de cette dix-septième épidémie : les molécules et le vaccin autorisés le sont contre le virus Ebola-Zaïre. Le rapport ajoute qu'" aucune activité de vaccination n'est rapportée par les provinces ce jour ". Le cumul provincial des confirmés hospitalisés s'établit à quatre cas, dont deux décès, un guéri et un en cours de traitement ; le patient pris en charge au centre de traitement de l'HC Kisangani était stable au troisième jour.

La zone de santé en litige relève du territoire d'Ubundu, à une soixantaine de kilomètres au sud-est de Kisangani, agglomération où l'épidémie était entrée à la mi-juillet. Au niveau national, le cumul atteint 3 674 cas confirmés et 1 621 décès au 31 juillet, contre 3 605 cas et 1 587 décès la veille, dans quarante-neuf zones de santé, cinquante si l'on retient le décompte provincial.

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