Le rapport de situation n°077 du Centre d'opérations d'urgence de santé publique (COUSP), arrêté au 30 juillet 2026, daté du 31 et mis en ligne par l'Institut national de santé publique le samedi 1er août, donne un taux d'occupation global de 71,3 % pour les structures d'isolement de la riposte contre Ebola, soit 748 patients pour 1 049 lits. La moyenne recouvre quatre provinces sans commune mesure, et le seul détail par structure que publie le rapport, celui de l'Ituri et du Haut-Uélé, montre des centres au-delà de leur capacité à l'intérieur de provinces dont le taux global reste sous 100 %.
Le détail par province oppose des situations sans rapport entre elles. La Tshopo compte un seul malade en isolement pour 20 lits, soit 5,0 % d'occupation. Le Haut-Uélé en héberge 22 pour 68 lits répartis sur cinq centres de traitement (32,4 %). L'Ituri, qui concentre 88,1 % des cas cumulés, est à 63,8 % avec 523 patients pour 820 lits. Le Nord-Kivu est à 143,3 % : 202 malades en isolement pour 141 lits.
Ce dernier chiffre doit être lu avec la réserve que la source pose elle-même. Dans son tableau des défis, le COUSP note " capacités de lits : 141, non rapportées depuis quatre cycles ". Le dénominateur du taux nord-kivutien n'a donc pas été actualisé depuis quatre rapports : le taux de 143,3 % se lit contre une capacité dont la source dit elle-même ne pas connaître l'état à jour, et non contre un parc de lits vérifié au 30 juillet. La composition de cette charge mérite la même précision : sur les 202 patients en isolement au Nord-Kivu, 25 sont des cas confirmés et 177 des cas suspects. La province a admis 5 confirmés et 48 suspects dans la journée, et fait sortir 67 non-cas. Sur son parc de prise en charge, le rapport recense " 2 CTE construits selon les normes sur 11 et aucun CT sur 36 ".
Le même effet de moyenne joue en Ituri, et il déplace la lecture de la saturation des centres de traitement déjà documentée dans la province. Le taux provincial s'établit à 63,8 %, quand l'état des structures prises une à une n'a pas suivi. Six d'entre elles " restent au-delà ou à la limite de leur capacité pour les cas confirmés ", écrit le COUSP : le CTE de Nizi à 322 %, celui de Lita à 140 %, le CTE ISTM à 107 %, le CTE de Bunia à 105 %, le CTE CME et le CTE de Fataki à 100 %. Trois centres de transit sont saturés pour les suspects, Logo à 125 %, Kigonze à 113 % et l'HGR Kilo à 100 %.
Un taux supérieur à 100 % pour les confirmés signifie qu'une structure héberge davantage de cas confirmés que de lits prévus pour cette catégorie de patients. Le rapport n'y associe ni refus d'admission ni malade laissé sans prise en charge. Le COUSP indique deux conséquences dans sa colonne des impacts : " Retards d'admission, augmentation du risque de transmission nosocomiale ". Le second risque est déjà mesuré, avec 137 personnels de première ligne infectés dont 41 décès en Ituri, 11 dont 3 décès au Nord-Kivu, et des unités de triage fonctionnelles limitées à 181 sur 1 170, soit 15 %.
Au Haut-Uélé, dont le taux global reste bas, le rapport signale que " le CTE de Wamba dépasse sa capacité en confirmés (125 %) et le CTE de Boma Mangbetu manque de personnel ". La province a admis deux confirmés et cinq suspects dans la journée, pour 22 malades hospitalisés en fin de journée.
Le COUSP classe cette question au troisième rang de ses douze défis et fixe trois actions requises : " Accélérer la construction et l'expansion des CTE, déployer des structures temporaires, rapporter systématiquement les capacités en lits ". Des chantiers sont engagés. Le pilier logistique indique des " travaux en cours au CTE de Rwankole (carrelage, pavement et installation électrique) " et le montage de tentes d'élargissement au CTE de Nia-Nia. À la Tshopo, le site d'érection d'un CTE de grande capacité a été visité avec le COUSP, IMA et MSF. En Ituri, le pilier prise en charge poursuit le transfert des malades vers les CTE et le suivi des travaux d'extension et de construction.
La souche Bundibugyo, à l'origine de cette 17e épidémie déclarée le 15 mai, ne dispose d'aucun vaccin homologué ni traitement spécifique, le vaccin Ervebo ne ciblant que la souche Zaïre. Le COUSP l'écrit pour la journée : " Aucune activité de vaccination n'est rapportée par les provinces ce jour ". Un essai clinique de phase 1 a été engagé le 24 juillet, première étape d'évaluation de l'innocuité d'un candidat, très en amont d'un usage sur le terrain. La prise en charge repose sur l'isolement précoce et les soins de soutien, dans un pays où le cumul atteint 3 605 cas confirmés et 1 587 décès au 30 juillet, pour 651 guéris et 49 zones de santé touchées sur 140.
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