Le 20 juillet, la Coalition Article 64 a reporté la marche qu'elle avait prévue le 22 et accordé au pouvoir jusqu'au 15 août pour convoquer le dialogue national. Vingt-six jours ont séparé les deux dates. Voici ce qui s'est passé pendant ces vingt-six jours, du côté du pouvoir.

Aucun acte formel fixant le calendrier, le format et les participants au dialogue n'a été rendu public. C'était la demande centrale de la coalition, et elle n'est pas satisfaite au soir du 15 août.

28 juillet : la Cour valide la loi référendaire sous réserves

La Cour constitutionnelle a déclaré la loi fixant les conditions d'organisation du référendum conforme à la Constitution, en l'assortissant de réserves portant sur treize de ses quarante-quatre articles : les articles 3, 4, 5, 7, 8, 9, 10, 12, 14, 19, 21, 23 et 43. Aucune disposition n'a été invalidée. BETO avait publié le dispositif le jour même.

C'est le chef de l'État qui avait saisi la Cour, fin juin, avant toute promulgation.

6 août : Aubin Minaku et Ramazani Shadary quittent les locaux des services

Arrêtés à leur domicile entre décembre 2025 et janvier 2026, les deux cadres du PPRD ont été détenus plus de deux cents jours dans des installations des services de renseignement, notamment au Conseil national de cyberdéfense, selon la revue de presse de Radio Okapi du 7 août. Ils ont été transférés à l'Auditorat militaire général, où ils sont poursuivis pour atteinte à la sûreté de l'État. Radio Okapi relève qu'ils ont été maintenus en détention " sans présentation formelle à un juge ".

La C64 avait publiquement réclamé un procès équitable pour les deux hommes et dénoncé la durée de leur détention.

13 août : la loi référendaire repart au Parlement

Le Bureau de l'Assemblée nationale a annoncé, dans un communiqué signé de son rapporteur Jacques Djoli Esengekeli, que le président de la République avait saisi les présidents des deux chambres " par sa lettre n°26/009 du 10 août 2026 " pour solliciter une nouvelle délibération, sur le fondement de l'article 137 de la Constitution.

Ce renvoi n'est ni une promulgation ni un rejet. L'article 137 dispose que la nouvelle délibération " ne peut être refusée ", et que le texte est ensuite adopté " soit sous la forme initiale, soit après modification à la majorité absolue des membres " qui composent les deux chambres. Le Bureau s'engage à inscrire le réexamen à la session ordinaire qui s'ouvre le 15 septembre.

Les " opérations chirurgicales " annoncées la veille

À vingt-quatre heures de l'échéance, le secrétaire général du Leadership pour la gouvernance et le développement, Franklin Tshiamala, annonçait la suite sur Deutsche Welle : " Au 15 août à minuit, nous allons constater simplement que rien n'a été fait. Nous ferons l'annonce de grandes opérations chirurgicales qui seront déployées par notre laboratoire de la C64 pour faire entendre raison à ce régime qui nous a confisqué notre liberté et qui est en voie de nous confisquer notre souveraineté nationale. "

Le présidium de la coalition s'est réuni le lendemain à Kinshasa. Aucun compte rendu de ses délibérations n'a été rendu public. À l'issue de la réunion, un communiqué a été diffusé, et il contient une seule opération datée : une marche nationale le 15 septembre.

Ce que chaque camp dit de ce relevé

Pour la coalition, réunie le 15 août à Kinshasa, le renvoi de la loi ne vaut pas abandon. Dans son communiqué du jour, elle maintient sa ligne sur l'article 220 de la Constitution, qui dispose que le nombre et la durée des mandats du président de la République ne peuvent faire l'objet d'une révision, et annonce une marche nationale le 15 septembre, avec convergence vers le Palais du Peuple.

Le gouvernement, lui, avait récusé le cadrage dès le 29 juillet. " L'agenda du président de la République ne répond pas à une quelconque forme d'ultimatum ", déclarait le porte-parole Patrick Muyaya, ajoutant : " Le président de la République a son agenda. Le président de la République a son timing. Il a dit qu'il organiserait le dialogue, qu'il prendrait son ordonnance. " Patrick Muyaya qualifiait la démarche de l'opposition d'idée " politiquement politicienne ".

Les deux dates suivantes tombent le même jour. Le 15 septembre s'ouvre la session ordinaire du Parlement, où la loi référendaire doit être réexaminée. C'est aussi le jour que la C64 a retenu pour sa marche vers le Palais du Peuple.

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Source : https://beto.cd/c64-ultimatum-15-aout-releve-gestes-pouvoir-dialogue-national/