Le Parc national des Virunga a publié le chiffre de sa population d'éléphants. " Le Parc National des Virunga abrite, selon les estimations, plus de 540 éléphants de savane africains, le plus grand animal terrestre au monde ", écrit l'aire protégée sur le réseau social X. Elle situe la concentration : " La majeure partie de la population se trouve dans la vallée d'Ishasha, dans le secteur central du Parc. " L'essentiel du troupeau estimé tient donc sur une seule vallée.

Le parc explique ensuite pourquoi l'espèce compte au delà d'elle-même. Il qualifie les éléphants d'ingénieurs écologiques et détaille trois fonctions : " ils façonnent les écosystèmes en dispersant des graines sur de longues distances, en creusant des points d'eau dont dépendent d'autres espèces et en réduisant la densité de la végétation, contribuant ainsi à maintenir une mosaïque d'habitats forestiers, boisés et de savane ".

L'annonce se termine sur ceux qui tiennent le terrain. " Grâce aux efforts de conservation soutenus, les écogardes de Virunga ont contribué à protéger les éléphants du Parc face aux menaces auxquels ils sont confrontés depuis plusieurs décennies. "

Ce que le chiffre a coûté

La formule sur les menaces recouvre des faits datés. En décembre 2022, le Livre blanc publié par Kinshasa désignait le braconnage des éléphants dans les aires protégées de l'Est comme l'une des sources de financement du M23. Le 9 octobre 2023, un éléphant du parc était abattu à Katwiguru, au Nord-Kivu, par des hommes non identifiés. Le 24 avril 2025, la Coordination des Volontaires pour la Défense de la Patrie s'inquiétait publiquement d'accusations de braconnage visant des éléments Wazalendo à l'intérieur du parc. En juillet, au Maniema, Greenpeace réclamait une enquête après l'abattage d'un éléphant à Punia.

Le coût se compte aussi en vies d'agents. Le 21 mai, deux écogardes ont été tués dans une attaque contre la position de Kamuhororo, selon un communiqué de l'Institut congolais pour la conservation de la nature signé par le directeur provincial et chef de site, Emmanuel de Merode. Ce sont les mêmes équipes que l'annonce du parc crédite de la protection des éléphants.

Le site est ancien et fragile. Inscrit au patrimoine mondial en 1979, le parc couvre 790 000 hectares. L'UNESCO y décrit un bien qui " comprises an outstanding diversity of habitats, ranging from swamps and steppes to the snowfields of Rwenzori at an altitude of over 5,000 m ", et où " some 20,000 hippopotamuses live in the rivers and birds from Siberia spend the winter there ". Il figure sur la liste du patrimoine mondial en péril depuis 1994.

Le parc n'a pas publié la méthode de son estimation, ni sa date, ni la série des comptages antérieurs qui permettrait de dire si la population monte ou descend. C'est la pièce qui manque pour lire ces 540 éléphants estimés autrement que comme un instantané. Elle vaudra d'être réclamée, comme le sont les treize naissances de gorilles annoncées depuis janvier.

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