Plus de 700 maisons ont brûlé en une semaine à Bukavu. Le dernier de ces incendies, dans la nuit du samedi 5 au dimanche 6 septembre 2026, avenue Mulengeza, quartier Panzi, commune d'Ibanda, en a détruit au moins 70. Aucune perte en vies humaines n'a été signalée.

Le chiffre est à mettre en regard d'un autre : 2 831 maisons ont brûlé sur l'ensemble du Sud-Kivu depuis février 2025, selon les décomptes de la même structure citoyenne. Une seule semaine de septembre 2026 représente donc près d'un quart de dix-neuf mois d'incendies dans toute la province.

Ce que dit l'écart d'échelle

Sur dix-neuf mois, 2 831 maisons donnent une moyenne d'environ 36 maisons par semaine à l'échelle provinciale. La semaine écoulée en a vu brûler plus de 700 dans la seule ville de Bukavu, soit près de vingt fois cette moyenne.

Un tel écart appelle une explication que la source ne fournit pas. Il peut traduire une série d'événements exceptionnels, un changement de méthode de comptage, ou un décompte provincial sous-estimé. Aucune de ces hypothèses n'est tranchée.

La cause des incendies de la semaine n'est pas établie non plus. Aucune autorité provinciale ne s'est exprimée.

Sept mille personnes sans abri à Buhozi

Le président du Parlement citoyen des jeunes pour la démocratie et la bonne gouvernance, Amani Lwamba, demande une réponse humanitaire. " Nous demandons au Gouvernement congolais de se rappeler que la population de Bukavu est bien une population congolaise. Il est urgent de mettre en place un mécanisme d'assistance humanitaire à travers les organisations compétentes. Il est possible d'intervenir pour aider cette population ", déclare-t-il.

La formulation dit l'essentiel de la situation de cette ville. Bukavu est sous occupation de l'AFC/M23 depuis février 2025, et la phrase rappelle à l'État central que ses habitants restent des Congolais.

Le même responsable décrit ce que les familles ont perdu : " Les enfants viennent de perdre tout ! Les parents ont vu disparaître tous leurs investissements, et ils n'ont plus aucun espoir d'une intervention. "

Il signale par ailleurs Buhozi, " une entité qui est en train de s'effondrer ", où plus de 7 000 personnes se retrouvent sans abri à la suite de la destruction de leurs maisons. La nature exacte de cet effondrement n'est pas précisée.

Une ville qui brûle depuis dix-neuf mois

Ces incendies ne sont pas un épisode isolé. Nous avions décrit trois incendies en quatre jours à Bukavu et la question sans réponse sur les moyens de secours.

Le 25 août 2026, une émission de débat consacrée aux causes des incendies dans le pays partait précisément du Sud-Kivu, où environ 2 200 maisons avaient été détruites par le feu depuis février 2025, dont plus de 1 700 à Bukavu, et où quelque 200 habitations avaient brûlé le 23 août sur l'avenue de l'Hôpital, dans la commune de Kadutu.

Quatre facteurs y étaient nommés : la densité démographique élevée, l'urbanisation désordonnée, les raccordements électriques frauduleux et l'insuffisance des moyens d'intervention.

Entre le chiffre de 2 200 maisons cité fin août et celui de 2 831 cité le 6 septembre, l'écart est de plus de 600 sur une quinzaine de jours. Les deux décomptes ne proviennent pas de la même structure et ne couvrent pas nécessairement le même périmètre.

Ce qu'aucune source ne dit

Le nombre de personnes sinistrées par les 700 maisons de la semaine n'est pas donné. L'identité des victimes n'est pas établie. Aucune évaluation des dégâts n'a été publiée.

Aucun bilan des moyens de lutte contre l'incendie disponibles dans la ville n'a été rendu public depuis le début de l'occupation. Dans une ville où le feu détruit des centaines de maisons par semaine, c'est la donnée qui manque le plus.

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