À l'issue d'une réunion extraordinaire tenue à Kinshasa, l'A/B50 a appelé ses membres et sympathisants, en République démocratique du Congo comme à l'étranger, à s'impliquer dans le processus envisagé par le chef de l'État.

Dirigée par Julien Paluku Kahongya, ministre du Commerce extérieur et ancien gouverneur du Nord-Kivu, la plateforme considère ces futures assises comme une occasion de rechercher une sortie politique aux différentes crises qui affectent le pays.

Elle les présente notamment comme une étape déterminante pour restaurer la cohésion nationale et consolider la paix.

Pas de récompense politique aux groupes armés

La formation politique de la majorité présidentielle insiste toutefois sur les limites qu'elle souhaite voir imposées à ce processus. Elle rejette notamment toute formule qui conduirait, selon elle, à intégrer automatiquement des responsables de rébellions dans les institutions publiques ou au sein des forces armées.

L'A/B50 critique ainsi le principe consistant à accorder des avantages politiques aux acteurs armés au terme des conflits.

Le regroupement estime que les précédents processus de paix ont parfois consacré cette pratique, qu'il juge incompatible avec la construction d'institutions durables et la restauration de l'autorité de l'État.

Cette position intervient alors que les combats et les tensions restent particulièrement préoccupants dans l'est du pays, notamment au Nord-Kivu et au Sud-Kivu.

Kinshasa accuse le Rwanda de soutenir l'AFC/M23, une accusation régulièrement rejetée par Kigali. Le conflit implique également plusieurs autres groupes armés actifs dans cette partie du territoire congolais.

Une initiative qui ne fait pas consensus

Le soutien exprimé par l'A/B50 contraste avec les réactions d'une partie de l'opposition et de la société civile. Plusieurs acteurs politiques se montrent prudents, voire hostiles, à l'égard de l'initiative présidentielle.

Leurs inquiétudes portent notamment sur les véritables objectifs de ces consultations, dans un contexte où le débat sur l'avenir institutionnel du pays demeure sensible. Certains redoutent que le dialogue puisse être utilisé pour modifier les règles constitutionnelles ou ouvrir la voie à une prolongation du pouvoir en place.

Pour l'heure, les contours précis du processus restent inconnus. Les autorités doivent encore déterminer les modalités de participation, le calendrier, l'ordre du jour ainsi que les mécanismes devant encadrer les discussions.

Le débat est donc appelé à se poursuivre entre partisans d'une concertation nationale destinée à rechercher une issue à la crise et ceux qui y voient le risque d'un nouvel arrangement politique.

Pour le pouvoir comme pour ses adversaires, la crédibilité du futur processus dépendra largement de son inclusivité, de ses garanties et de la clarté de ses objectifs.

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