D'après les observations rapportées par les différents points focaux de la SDC déployés sur le terrain, certaines écoles continueraient à exiger ou à vendre aux parents des fournitures scolaires et des uniformes, alors que ces pratiques sont encadrées par les mesures relatives à la gratuité de l'enseignement.
L'organisation fait également état d'une hausse des dépenses scolaires dans certains établissements. Selon plusieurs informations recueillies par ses équipes, des frais demandés aux familles auraient augmenté d'au moins 20 dollars américains par rapport à l'année précédente.
Cette situation intervient dans un contexte économique particulièrement difficile. Dans plusieurs ménages du Sud-Kivu et du Nord-Kivu, les revenus ont fortement diminué sous l'effet combiné du déplacement des populations, de l'insécurité, de la perturbation des activités économiques et de la perte des moyens de subsistance liée à la guerre.
Pour la SDC, la question est donc moins celle de l'annonce de la gratuité que de son application effective sur le terrain.
" La gratuité semble morose, voire relever de la mascarade à l'Est s'il n'y a pas un véritable suivi de sa mise en uvre ", estime David Kalabanja, coordonnateur de l'organisation, appelant les autorités à renforcer les mécanismes de contrôle et à prendre en compte les réalités particulières des familles vivant dans les zones touchées par le conflit.
L'organisation plaide parallèlement pour une rentrée scolaire " responsable et inclusive ", permettant aux enfants, y compris ceux affectés ou déplacés par la guerre, de retrouver le chemin de l'école dans des conditions dignes.
La SDC sollicite également l'appui des partenaires internationaux, notamment l'UNICEF et l'UNESCO, afin qu'ils renforcent leur collaboration avec les organisations locales engagées auprès des communautés.
Elle souhaite notamment des interventions en faveur des élèves dont la scolarité a été interrompue ou fragilisée par les violences et les déplacements.
À travers cette alerte, la SDC demande ainsi que la gratuité de l'enseignement ne reste pas seulement un engagement institutionnel, mais qu'elle puisse être vérifiable dans les établissements scolaires et réellement accessible aux familles les plus vulnérables.
À l'Est de la RDC, où la crise sécuritaire continue de bouleverser la vie quotidienne de milliers de ménages, l'enjeu de cette rentrée dépasse donc la seule reprise des cours : il porte aussi sur la capacité du système éducatif à protéger le droit des enfants à l'éducation malgré la guerre.
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