L'Institut technique Mutoshi, à Kolwezi, dans la province du Lualaba, va devenir un centre d'excellence dédié aux métiers miniers, aux technologies industrielles et à la transformation locale des ressources minérales. Le président Félix Tshisekedi a salué les démarrages effectifs de ce projet lors de la 101ᵉ réunion du Conseil des ministres, vendredi 23 octobre à la Cité de l'Union africaine.

Selon Patrick Muyaya, le chef de l'État a inscrit cette transformation dans une lecture des mutations de l'économie mondiale. La transition énergétique et les nouvelles technologies offrent selon lui au pays l'occasion de convertir ses ressources minérales stratégiques en leviers de souveraineté économique et d'industrialisation. Cela suppose de dépasser les modèles extractifs et d'investir d'abord dans la formation, la recherche, l'innovation et la maîtrise des technologies industrielles, en particulier celles de la chaîne de valeur des batteries.

Minerais, électricité, éducation

Le projet est porté par la GECAMINES et repose sur trois piliers complémentaires : les minerais, l'électricité et l'éducation. L'objectif annoncé est de faire de l'institut un pôle de formation, de recherche et d'innovation au service de l'industrialisation.

L'établissement n'est pas nouveau. C'est une école technique de la Gécamines, installée à Kolwezi, que l'entreprise publique a longtemps utilisée comme vivier de formation de son propre personnel. En août 2020, le directeur général de la Gécamines de l'époque, Jean-Michel Sama Lukonde, lui-même ancien élève de cette école, y avait inspecté les salles de classe, les laboratoires d'électronique et de chimie, les dortoirs et le réfectoire, et recueilli les doléances du personnel.

Un brevet congolais dans le dispositif

Le projet intégrera la technologie brevetée Efficiency Measuring Apparatus, développée par la professeure congolaise Sandrine Ngalula Mubenga. Le Conseil présente cette intégration comme une contribution à la valorisation de l'expertise scientifique nationale, à la protection de la propriété intellectuelle et au développement des technologies énergétiques.

Le brevet existe et il est identifiable. Enregistré aux États-Unis sous le numéro US12355278B2, il porte le titre " Efficiency measuring apparatus, active equalizer inductor design tool and equalizer design app ". Il revendique une priorité au 29 mars 2021, a été déposé le 4 janvier 2022 et accordé le 8 juillet 2025. Sandrine Ngalula Mubenga y figure comme unique inventrice, et le titulaire est enregistré comme personne physique.

L'appareil mesure l'efficacité du transfert de charge entre sections de cellules dans un égaliseur actif de batterie. Il prolonge les travaux de doctorat de la chercheuse à l'université de Toledo, aux États-Unis, consacrés à un égaliseur à deux niveaux pour batteries lithium-ion. Professeure de technologie du génie électrique, Sandrine Ngalula Mubenga a été nommée directrice générale de l'Autorité de régulation du secteur de l'électricité en juillet 2020.

Trois chantiers à raccorder

Le centre devra s'articuler avec deux dispositifs existants. Le premier est le Centre africain d'excellence pour la fabrication des batteries, lancé le 22 avril 2022 et installé à la faculté polytechnique de l'université de Lubumbashi, avec pour mandat la formation, la recherche, l'innovation et le renforcement des capacités technologiques.

Le second est la zone économique spéciale de Musompo, dans le même Lualaba : 900 hectares et 2 milliards de dollars d'investissements visés, pour une première pierre posée en mars 2025. L'ensemble doit former un écosystème reliant formation, recherche, production industrielle et transformation locale.

Le président a réaffirmé que la souveraineté économique ne repose pas seulement sur la possession des ressources minérales, mais sur la capacité à les transformer sur place avec des compétences congolaises, ce qui fait du capital humain un pilier de l'ambition industrielle.

Sept membres du gouvernement sur une feuille de route

L'instruction est collective. Sous la coordination de la Première ministre, cheffe du gouvernement, et avec le concours du cabinet du chef de l'État, six portefeuilles sont chargés d'élaborer et de mettre en œuvre une feuille de route concertée : l'Industrie, la Formation professionnelle, l'Enseignement supérieur, les Mines, les Ressources hydrauliques et Électricité, et le Portefeuille.

Cette feuille de route doit porter sur la mobilisation des ressources, la modernisation des infrastructures et des programmes de formation, le soutien à la recherche et à l'innovation, le développement des partenariats industriels, et l'articulation du projet avec la chaîne de valeur des batteries et la zone de Musompo.

Le chef de l'État a encouragé les dirigeants de la Gécamines à poursuivre leur accompagnement et chargé son cabinet d'identifier d'autres partenaires stratégiques, en veillant au respect du calendrier d'exécution et à la mise en service progressive des installations.

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