La mensualisation de la rémunération des inspecteurs et contrôleurs du travail ne signifie pas le paiement immédiat de l'intégralité de leur barème salarial. Face aux accusations visant le ministre des Finances, le ministère des Finances apporte des clarifications sur la portée des instructions du président Félix Tshisekedi et dénonce une présentation trompeuse de ce dossier.

Des publications diffusées sur les réseaux sociaux présentent le ministre des Finances comme ayant refusé d'exécuter les instructions du président de la République concernant la rémunération des inspecteurs et contrôleurs du travail. Une interprétation contestée par le ministère des Finances, qui établit une distinction entre la mensualisation de la paie et l'application immédiate de 100 % du barème salarial.

Lors de la 94ᵉ réunion ordinaire du Conseil des ministres, le chef de l'État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a demandé au gouvernement, sous la coordination de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, de faire de la réforme de l'Inspection générale du travail (IGT) une priorité.

Les orientations présidentielles portent notamment sur le renforcement de l'autonomie administrative et financière de cette institution, la garantie d'une rémunération conforme au statut des inspecteurs et contrôleurs du travail ainsi que la mensualisation régulière de leurs avantages. Elles concernent également la modernisation des services et le renforcement des capacités des inspecteurs.

Toutefois, selon les précisions du ministère des Finances, le compte rendu officiel ne mentionne aucune instruction exigeant le paiement immédiat de l'intégralité du barème salarial.

Le ministère des Finances dénonce ainsi une instrumentalisation politique des revendications, à travers des publications qui, selon lui, dénaturent la portée des orientations présidentielles. Il estime qu'une frange des personnes mobilisées cherche à faire croire que le ministre des Finances aurait refusé d'exécuter une décision présidentielle imposant le paiement intégral du barème.

Les accusations personnelles et les caricatures visant les membres du gouvernement sont également dénoncées comme des pratiques qui détournent le débat des préoccupations salariales et des exigences d'éthique et de déontologie attendues des agents publics.

Selon cette clarification, il s'agirait d'une démarche de discrédit politique menée sous couvert de revendications professionnelles.

Par ailleurs, le ministère des Finances indique que plusieurs mesures ont déjà été prises pour donner suite aux orientations du chef de l'État. Elles concernent notamment la réorganisation de l'IGT et l'intégration de la rémunération des inspecteurs et contrôleurs du travail dans l'état liquidatif du quatrième trimestre 2026.

Des crédits destinés à l'installation et au fonctionnement de cette institution sont également prévus dans le cadre de la préparation du budget 2027, afin d'accompagner son autonomie administrative et financière.

Le principal point de divergence porte sur le niveau de rémunération retenu. D'après les chiffres communiqués par le ministère des Finances, la paie intégrée représente environ 30 % du barème, soit une rémunération mensuelle estimée à 1,5 million de francs congolais pour un inspecteur du travail.

Les revendications portent, quant à elles, sur l'application intégrale du barème, correspondant à environ 5 millions de francs congolais par mois.

Le ministère des Finances rappelle que l'application progressive des barèmes concerne également d'autres catégories d'agents publics. Selon les informations avancées, les professeurs d'université, les enseignants, les médecins et les infirmiers ne perçoivent pas non plus l'intégralité de leurs barèmes respectifs.

Les améliorations salariales doivent ainsi tenir compte des crédits inscrits au budget et de la situation de la trésorerie de l'État. L'approche défendue consiste à procéder progressivement, au fil des exercices budgétaires, tout en préservant l'équité entre les différentes catégories professionnelles.

Dans un contexte marqué par la guerre d'agression et d'importants besoins de financement sécuritaire, le passage immédiat de 1,5 million à environ 5 millions de francs congolais est présenté par le ministère des Finances comme incompatible avec les capacités financières actuelles de l'État et les arbitrages nécessaires au fonctionnement de l'ensemble des services publics.

Le ministère des Finances conteste ainsi l'idée selon laquelle l'écart entre la rémunération intégrée et le barème revendiqué résulterait d'un refus personnel du ministre des Finances. Il souligne que les décisions salariales s'inscrivent dans un cadre gouvernemental et budgétaire, soumis à des contraintes qui concernent toutes les administrations publiques.

Il reconnaît la nécessité d'examiner les préoccupations salariales des inspecteurs et contrôleurs du travail dans le cadre du dialogue avec les administrations compétentes.

Il insiste toutefois sur l'importance de restituer fidèlement les décisions publiques et de respecter les responsabilités liées au statut d'agent de l'État.

Selon cette clarification, présenter une revendication de paiement intégral comme une instruction présidentielle explicite, avant d'accuser le ministre des Finances de ne pas l'avoir exécutée, entretient une confusion que le compte rendu officiel ne permet pas de soutenir.

L'enjeu, apprend-on, reste donc de poursuivre l'amélioration des conditions de rémunération des inspecteurs et contrôleurs du travail ainsi que le renforcement de l'IGT, en tenant compte des mesures déjà engagées, des ressources disponibles et des possibilités d'évolution progressive des salaires.

Rédaction

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