Quand la dix-septième épidémie d'Ebola a été déclarée, le 15 mai, la RDC ne disposait que d'un seul laboratoire capable de confirmer un cas. Deux mois plus tard, ils sont seize, a indiqué le 16 juillet le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé. Cette multiplication par seize en deux mois traduit l'effort porté sur un maillon précis de la riposte : la capacité à diagnostiquer.

Devant les députés, le 16 juillet, le ministre de la Santé publique, Samuel Roger Kamba, a résumé l'enjeu. " Tous les cas sont aujourd'hui testés et le diagnostic est donné souvent dans les 24 heures par l'INRB ", a-t-il déclaré. Face à une maladie qui tue vite, le délai entre le prélèvement et le résultat conditionne tout : l'isolement du malade, sa prise en charge, le suivi de ses contacts. Chaque jour gagné réduit le nombre de personnes exposées.

Rapprocher le test du malade

L'effort a consisté à faire sortir le diagnostic des seuls murs de l'Institut national de recherche biomédicale, à Kinshasa, pour le porter au plus près des foyers. Le point de situation du 17 juillet fait état de la réception de matériels de laboratoire à Logo et de la préparation de sites de proximité à Mambasa et Logo, en Ituri. À la mi-juillet, l'Institut national de santé publique annonçait la formation de vingt et un biologistes à la plateforme de PCR rapide POC RadiOne, conçue pour rendre un résultat sur le terrain plutôt que d'attendre l'acheminement d'un échantillon vers la capitale.

Ce pari sur le diagnostic n'a rien d'accessoire. La souche Bundibugyo, à l'origine de l'épidémie, ne dispose d'aucun vaccin homologué ni traitement spécifique : le vaccin Ervebo ne protège que contre la souche Zaïre. Sans arme préventive ni curative validée, la riposte repose sur des gestes classiques, dépister, isoler, suivre les contacts et enterrer sans risque, dont le premier maillon est le test. " Avec un diagnostic précoce et des soins sûrs, on peut survivre à cette maladie et l'arrêter ", soulignait l'OMS le 16 juillet, en rappelant que des centaines de patients ont déjà guéri malgré l'absence de vaccin. Le point du 17 juillet en dénombre 444.

Le laboratoire ne suffit pourtant pas si le malade n'arrive jamais jusqu'à lui. Plus de 80 % des nouveaux cas sont détectés en dehors des listes de contacts connus et deux tiers des décès surviennent dans les communautés, loin des structures de soins, selon l'OMS. La chaîne du diagnostic, aussi rapide soit-elle, ne vaut que si la première alerte parvient aux équipes. Au 17 juillet, l'épidémie totalisait 2 267 cas confirmés et 893 décès dans cinq provinces.

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