Le point de situation officiel arrêté au 17 juillet et publié le lendemain a mis en avant un indicateur en forte hausse : le suivi des contacts, qui plafonnait à 66,9 % la veille, atteint désormais 83,6 % à l'échelle nationale, une progression que le gouvernement attribue à l'Ituri et au Nord-Kivu. " La surveillance et la détection précoce restent pleinement opérationnelles ", affirme le communiqué. Sur le papier, la riposte resserre son filet autour des personnes exposées au virus.

Ce taux mesure une chose précise : la part des contacts déjà identifiés qui sont effectivement suivis, jour après jour, pendant les vingt et un jours d'incubation. Plus il est élevé, plus un malade potentiel est repéré tôt, isolé et pris en charge avant qu'il ne contamine à son tour. À 83,6 %, la RDC déclare surveiller la grande majorité des contacts inscrits sur ses listes.

Le problème est ailleurs

Mais ces listes ne captent qu'une partie de l'épidémie. " Plus de 80 % des nouveaux cas sont détectés en dehors des listes de contacts connus, ce qui montre que des chaînes de transmission continuent d'être manquées ", a averti le 16 juillet le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus. Autrement dit, l'essentiel des nouvelles contaminations surgit chez des personnes qui n'avaient jamais été répertoriées comme contacts. Le taux de suivi peut donc grimper sans que le virus cesse de se propager par des voies invisibles à la surveillance.

Cette faille se lit dans la mortalité. L'OMS estime qu'environ deux tiers des décès surviennent dans les communautés, chez des personnes qui ne reçoivent jamais de soins. Beaucoup meurent avant tout contact avec le système de santé, donc en dehors de toute liste. Dans l'Ituri, épicentre de l'épidémie, l'intense mobilité des populations et la méfiance envers les mesures de prévention alimentent ces chaînes cachées, un obstacle que les autorités elles-mêmes reconnaissent.

Le taux de 83,6 % n'est pas trompeur : il traduit un effort réel sur les contacts identifiés. Mais il ne dit rien de ceux qui ne le sont pas. Tant que l'investigation ne remonte pas les chaînes en amont, un travail que le gouvernement dit renforcer avec une performance d'investigation des alertes de 93,6 %, le bilan peut continuer de grimper. Il l'a fait au 17 juillet, avec 86 nouveaux cas qui portent le total à 2 267 cas confirmés et 893 décès. L'épidémie, due à la souche Bundibugyo, reste sans vaccin homologué ni traitement spécifique : le dépistage précoce demeure la première arme, à condition d'atteindre les malades avant le virus.

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