Le point de situation officiel du 16 juillet le note : au Sud-Kivu, Miti-Murhesa, seule zone de santé touchée de la province, a franchi cinquante et un jours sans nouveau cas confirmé et ne figure plus parmi les zones actives. Une surveillance résiduelle s'y poursuit, indique le gouvernement, " en vue de la déclaration officielle de la fin de l'épidémie dans la province ". Cinquante et un jours, c'est davantage que le seuil requis. Pourtant, aucune fin n'a été proclamée. Voici pourquoi.
La règle des 42 jours
Pour déclarer la fin d'une épidémie d'Ebola, l'Organisation mondiale de la santé retient un seuil de quarante-deux jours sans nouveau cas confirmé. Ce nombre correspond au double de la période d'incubation maximale du virus, vingt et un jours : deux cycles complets pendant lesquels un cas résiduel pourrait encore apparaître sans avoir été détecté. Le décompte ne part pas de n'importe quand : il commence à la guérison du dernier patient, une fois obtenu son second test négatif, ou à l'enterrement sécurisé de la dernière personne décédée. C'est ce compte à rebours qu'a entamé l'Ouganda, touché par une flambée distincte, le 16 juillet, jour où son dernier cas confirmé a quitté les soins, a rappelé l'OMS.
Une province n'est pas le pays
La dix-septième épidémie touche cinq provinces, selon le point de situation du 16 juillet. Qu'une zone comme Miti-Murhesa passe le cap ne met pas fin à l'épidémie nationale, qui reste active en Ituri, son épicentre, et ailleurs. La déclaration provinciale et la déclaration nationale sont deux actes distincts : la seconde ne peut intervenir que lorsque toutes les chaînes de transmission du pays ont été rompues et que le seuil des quarante-deux jours est atteint partout.
La procédure est formelle. En décembre 2025, le ministre de la Santé publique, Samuel Roger Kamba, avait mis fin à la seizième épidémie, au Kasaï, en ces termes : " Au nom du gouvernement, et en tenant compte de tous les indicateurs scientifiques et opérationnels attestant que la chaîne de transmission du virus a été rompue, je déclare officiellement la fin. " Cette flambée-là, due à la souche Zaïre, avait été jugulée en trois mois avec l'appui d'un vaccin, Ervebo. L'épidémie actuelle est provoquée par la souche Bundibugyo, contre laquelle il n'existe à ce jour ni vaccin homologué ni traitement spécifique.
Après la déclaration, la vigilance continue
Proclamer la fin n'éteint pas le dispositif. La RDC entre alors dans une période de surveillance renforcée de quatre-vingt-dix jours, destinée à repérer tout cas résiduel lié à la persistance du virus dans certains fluides des personnes guéries. La surveillance passe du suivi spécifique à Ebola au système intégré de veille des maladies, et un programme de prise en charge accompagne les survivants. Pour le Sud-Kivu, la sortie des zones actives est un signal encourageant, mais la déclaration formelle, quand elle viendra, ne concernera que la province : la dix-septième épidémie, elle, ne sera close qu'une fois l'Ituri à son tour libéré du virus.
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