La Coalition Article 64 a tranché. La principale plateforme de l'opposition maintient la marche prévue le mercredi 22 juillet et lie sa participation au dialogue annoncé par Félix Tshisekedi à trois conditions préalables. Elle se dit " pleinement disponible pour un dialogue véritable, sincère et inclusif ", mais exige des " signaux clairs de bonne foi de la part du pouvoir en place " avant toute suspension de ses actions citoyennes. La position a été précisée par l'un de ses dirigeants, Jean-Marc Kabund, en marge d'un point de presse.

Cette réponse tombe au lendemain d'une démarche des Églises. Le 18 juillet, la Conférence épiscopale nationale du Congo et l'Église du Christ au Congo avaient consulté les responsables de la C64 à l'archevêché de Kinshasa, " afin d'obtenir le principe du report " de la marche, selon un communiqué de la CENCO. La coalition n'y a pas accédé.

Les trois conditions qu'elle pose sont écrites. La première est l'abandon du projet de révision constitutionnelle : la C64 exige que le président " renonce publiquement et définitivement à toute initiative de changement de la Constitution ", un projet qu'elle accuse de " diviser la nation ". La deuxième est une " décrispation politique globale " : libération des prisonniers politiques, fin des poursuites qu'elle juge politiques, respect des libertés publiques et rétablissement de l'état de droit. La troisième porte sur l'Est : des " mesures fortes et immédiates " pour mettre fin aux hostilités. " On ne construit pas un dialogue sous la répression, ni dans la violation permanente de la Constitution ", a résumé Jean-Marc Kabund.

Ces exigences ne sont pas neuves. La coalition les avait déjà formulées le 9 juillet, au retour de Bujumbura, et l'annonce du 17 juillet ne les lève pas : la déclaration rapportée par le cardinal Fridolin Ambongo ne mentionne ni la Constitution, ni le référendum, ni les prisonniers. La proposition de loi organisant un référendum, adoptée à l'Assemblée nationale le 9 juin par 348 voix contre 2, est devant la Cour constitutionnelle depuis le 29 juin, et n'est pas promulguée.

Une délégation de la C64 a par ailleurs rencontré le président burundais Évariste Ndayishimiye, qui agit comme médiateur régional. Selon la coalition, il a pris acte de ses revendications et s'est engagé à les transmettre à Félix Tshisekedi. La C64 a tenu à préciser que cette rencontre ne valait " en rien une négociation de ses convictions ni un marchandage de son combat politique ".

La marche a déjà été déplacée une fois : prévue le 8 juillet, elle avait été reportée au 22 pour permettre ce déplacement à Bujumbura. Cette fois, la coalition la maintient. Elle appelle " toutes les Congolaises et tous les Congolais " à y participer, sur un itinéraire qui doit converger vers le Palais de la Nation, après ce qu'elle présente comme le succès des journées " ville morte " du 3 juin et du sit-in du 12 juin.

La décision place le pouvoir et les Églises devant un choix de calendrier. La CENCO et l'ECC, qui portent le dialogue au titre de leur médiation, avaient demandé le report ; l'opposition l'a refusé. À quatre jours de l'échéance, la marche vers le Palais de la Nation est maintenue.

The post RDC: La C64 maintient sa marche du 22 juillet et pose ses conditions au dialogue appeared first on BETO.



Source : https://beto.cd/c64-maintient-marche-22-juillet-trois-conditions-dialogue/