L'épidémie de maladie à virus Ebola a fait 2 476 morts pour 5 208 cas confirmés au 18 août, selon le bulletin de l'Institut national de santé publique publié le 19 août. La létalité s'établit à 47,5 %. Le bulletin dénombre 1 115 guéris, 730 patients en isolement ou hospitalisés, et fixe le suivi des contacts à 84,0 %. Ces chiffres consolident ceux qu'avait avancés le 18 août le ministre de la Santé publique, Roger Kamba, qui faisait état de plus de 5 000 cas et d'environ 2 370 décès. L'INSP précise que ses données " restent évolutives et peuvent être ajustées à la suite de la consolidation, de la validation et de l'harmonisation des informations rapportées par les provinces et les piliers de la riposte ".
Six provinces et 56 zones de santé sont touchées. L'Ituri en compte 28 sur 36, le Nord-Kivu 12 sur 34, la Tshopo 7 sur 23, le Haut-Uélé 6 sur 13, le Bas-Uélé 2 sur 11 et le Sud-Kivu une seule, Miti-Murhesa, qui totalise 79 jours sans nouveau cas confirmé.
Deux mille doses en Tshopo, 500 000 demandées
Le 5 août, réuni sous la direction du président Félix Tshisekedi, le gouvernement a décidé d'engager une vaccination de grande ampleur avec l'Ervebo, encadrée par un protocole. " Face à cette urgence sans précédent, mon gouvernement a décidé d'agir avec célérité et à grande échelle. Nous allons lancer une vaccination à grande échelle et une riposte centrée sur les villages afin d'identifier chaque cas suspect et chaque décès, et de veiller à ce que la protection, les soins et des informations fiables parviennent à chaque communauté ", a déclaré ce jour-là le chef de l'État, dans des propos rapportés par Africa CDC.
Kinshasa a saisi le 12 août le Groupe international de coordination, après avoir obtenu les approbations nationales éthiques et réglementaires. L'INSP indique au 18 août que l'Ervebo est mobilisé dans la riposte, que 2 000 doses sont déjà disponibles dans la Tshopo et qu'une demande de 500 000 doses supplémentaires a été formulée. Le Groupe international de coordination n'a pas publié de décision sur cette demande. Ni le nombre de personnes vaccinées ni la date de lancement des séances n'ont été communiqués.
Un vaccin homologué contre une autre souche
L'Ervebo est un vaccin à dose unique préqualifié par l'Organisation mondiale de la santé contre la maladie causée par le virus Ebola Zaïre. Il n'est homologué contre aucune autre souche, et l'épidémie en cours est due au virus Bundibugyo. Son emploi repose donc sur une hypothèse de protection croisée.
Africa CDC, qui soutient la décision congolaise, écrit que " l'utilisation stratégique du vaccin Ervebo existant, en raison de son potentiel de protection croisée, constitue la seule stratégie vaccinale actuellement disponible ". L'agence de l'Union africaine juge ces données " encore non concluantes ", tout en les estimant biologiquement plausibles et concordantes, et invoque le profil d'innocuité établi du produit. Elle rappelle que " des essais cliniques randomisés demeurent nécessaires pour produire des données robustes et déterminer le niveau d'efficacité clinique contre ce virus ". Les observations faites pendant l'épidémie, précise-t-elle, permettent de formuler des hypothèses mais " ne permettent pas d'établir l'efficacité vaccinale ".
" Attendre des preuves parfaites pendant que des personnes meurent est inacceptable. Agir comme si la plausibilité constituait une preuve l'est tout autant ", a déclaré le 5 août le directeur général d'Africa CDC, Jean Kaseya. " Africa CDC refuse ce faux choix entre protéger les populations et produire des données probantes. "
L'agence précise que la vaccination " doit renforcer, et non remplacer " la recherche active des cas, le diagnostic rapide, l'isolement, les enterrements dignes et sécurisés, la gestion des contacts et l'engagement communautaire.
Remdésivir et rentrée scolaire différenciée
La prise en charge s'élargit au remdésivir, dont l'INSP annonce l'introduction, tandis que les anticorps monoclonaux et d'autres antiviraux sont à l'examen. Africa CDC situe le remdésivir dans un cadre d'usage compassionnel pour les patients dont l'infection est confirmée en laboratoire, et recommande l'obeldésivir en prophylaxie post-exposition pour les contacts à haut risque.
La rentrée 2026-2027 sera adaptée au niveau de risque sanitaire. Dans 18 zones de santé à haut risque, un enseignement à distance léger sera déployé pendant quatre semaines, fondé sur des fiches pédagogiques imprimées, les radios locales et le suivi des enseignants, sans exiger d'internet ni d'équipements numériques des familles.
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