La Coupe du monde 2026 a incontestablement augmenté l'exposition des Léopards de la République démocratique du Congo. Leur parcours, achevé en seizièmes de finale contre l'Angleterre, a placé plusieurs internationaux sous les projecteurs. Mais à deux semaines environ de la fermeture des principaux marchés européens, l'effet Mondial ne s'est pas encore traduit par une vague de transferts vers la Premier League, la Liga, la Serie A, la Bundesliga ou la Ligue 1. Les marchés allemand, italien et français ferment le 31 août, ceux d'Angleterre et d'Espagne le 1er septembre. 

Le cas de Brian Cipenga résume bien ce paradoxe. L'ailier avait signé à l'UD Almería avant même son but contre l'Angleterre au Mondial. La compétition avait surtout agrandi sa vitrine⁠, plutôt que de provoquer son transfert. Engagé jusqu'en 2029 avec le club andalou, qui évolue hors de la Liga, Cipenga aurait ensuite fait l'objet d'une offre de 12 millions d'euros du FK Krasnodar, repoussée par Almería, qui dispose d'une clause libératoire de 40 millions. 

Une vitrine mondiale qui ne suffit pas

Le problème est que quelques bonnes performances internationales ne suffisent généralement pas à modifier instantanément la trajectoire d'un joueur. Les recruteurs évaluent aussi la régularité en club, l'âge, la durée du contrat, le coût du transfert, l'expérience dans les grands championnats et l'adéquation avec les besoins de l'équipe. À l'échelle collective, BETO estimait la valeur marchande de la sélection congolaise à 143,9 millions d'euros pendant le Mondial⁠, soit seulement la 32e valeur parmi les sélections présentes au tournoi. 

Plusieurs Léopards possèdent pourtant déjà une expérience au plus haut niveau. Mais leurs trajectoires estivales montrent que la progression sportive n'est pas nécessairement synonyme d'arrivée dans un grand club européen. Chancel Mbemba a par exemple rejoint Diriyah en Arabie saoudite. Théo Bongonda a également pris la direction du football saoudien, tandis que Cédric Bakambu, libre après son départ du Betis, était récemment annoncé en discussions avancées avec l'Internacional de Porto Alegre⁠. 

L'âge joue ici un rôle important. Pour des cadres expérimentés comme Mbemba ou Bakambu, le marché répond moins à une logique de " tremplin " vers le sommet européen qu'à celle de la dernière partie de carrière. Un Mondial réussi peut renforcer leur attractivité, mais il ne gomme ni leur âge ni les stratégies économiques des clubs du Top 5.

Wan-Bissaka, le dossier qui pourrait changer la tendance

La situation est différente pour Aaron Wan-Bissaka. Déjà expérimenté en Premier League et devenu international congolais en 2025, le latéral constitue actuellement l'un des dossiers les plus susceptibles de maintenir un Léopard au plus haut niveau anglais. Après la relégation de West Ham, Aston Villa et Fulham s'intéressent à lui, avec Villa présenté comme le prétendant le mieux placé. BETO a également rapporté l'offensive d'Aston Villa pour le défenseur congolais⁠. 

Axel Tuanzebe avait lui aussi attiré l'attention après la Coupe du monde. Début juillet, BETO rapportait l'intérêt de Hull City, promu en Premier League⁠, après sa prestation remarquée contre l'Angleterre. Là encore, l'exposition internationale a ouvert une possibilité, mais l'intérêt d'un club et la conclusion d'un transfert restent deux étapes très différentes. 

Cette situation montre surtout que le Mondial fonctionne davantage comme un accélérateur de réputation que comme une garantie de transfert. Un joueur performant pendant quelques rencontres peut entrer dans davantage de bases de données de recrutement, convaincre un directeur sportif de l'observer ou augmenter son pouvoir de négociation. Pour rejoindre durablement le Top 5 européen, il doit néanmoins répondre à une logique sportive et financière beaucoup plus large.

Une sélection encore située entre plusieurs marchés

Le mercato des Léopards révèle également la géographie particulière de la sélection congolaise. Ses internationaux sont répartis entre Angleterre, France, Espagne, Belgique, Turquie, Russie, Arabie saoudite et d'autres championnats. Cette diversité donne à Sébastien Desabre un groupe expérimenté, mais signifie aussi qu'une partie importante de ses joueurs évolue hors des cinq championnats les plus puissants économiquement.

Le constat ne signifie donc pas que le Mondial a été inutile sur le marché. Cipenga a vu sa cote progresser après son but contre l'Angleterre ; Wan-Bissaka intéresse des clubs anglais ; Tuanzebe a été associé à Hull City. BETO avait d'ailleurs dressé dès juillet un premier bilan de la manière dont le Mondial avait rebattu les cartes du mercato congolais⁠. 

Mais l'effet attendu reste pour l'instant plus individuel que collectif. La Coupe du monde a donné aux Léopards une vitrine que la RDC n'avait plus connue depuis des décennies ; elle n'a pas automatiquement transformé cette visibilité en billets d'entrée vers les grands clubs européens. Les deux dernières semaines du mercato seront donc déterminantes. Un transfert de Wan-Bissaka vers Aston Villa, une évolution autour de Tuanzebe ou une offensive inattendue pour l'une des révélations congolaises pourrait encore modifier le bilan. À défaut, le principal bénéfice du Mondial aura été d'augmenter la visibilité des Léopards sans bouleverser immédiatement leur place dans la hiérarchie du football européen. 

The post Mercato : après le Mondial, pourquoi les Léopards peinent-ils à franchir le cap du Top 5 européen appeared first on BETO.



Source : https://beto.cd/mercato-apres-le-mondial-pourquoi-les-leopards-peinent-ils-a-franchir-le-cap-du-top-5-europeen/