Un tiers seulement des établissements de santé congolais disposent d'un approvisionnement électrique continu et stable. C'est ce déficit que vise le projet conjoint de l'Organisation mondiale de la santé et de l'Agence allemande de coopération internationale, qui doit équiper une centaine d'entre eux de systèmes solaires photovoltaïques décentralisés. Financé à hauteur de 2,5 millions d'euros par la GIZ, mis en uvre par l'OMS avec le ministère de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, il est entré en phase de mise en uvre.
L'ampleur du déficit est mesurée. Selon l'enquête HHFA/SARA de 2023, qui évalue la disponibilité des services et les capacités opérationnelles des formations sanitaires, moins de deux tiers des établissements de santé du pays disposent d'une source d'électricité fonctionnelle, et un tiers seulement d'un approvisionnement continu et stable. Autrement dit, deux établissements sur trois travaillent avec une alimentation intermittente ou inexistante.
" Sans électricité fiable, il n'y a pas de soins de santé de qualité ", a déclaré la Dre Anne Ancia, représentante par intérim de l'OMS en RDC. " Garantir l'accès à une énergie sûre dans les établissements de santé est une condition vitale pour sauver des vies, améliorer les services et faire face aux urgences sanitaires et humanitaires. " Elle décrit le projet comme " une réponse concrète à un problème structurel du système de santé ".
Cinq provinces sont ciblées : l'Équateur, le Kasaï Central, le Nord-Ubangi, le Sankuru et la Tshopo. Cinq sur vingt-six. Ce sont des provinces où le déficit énergétique limite directement l'offre de services essentiels, à commencer par les soins maternels et néonataux, la vaccination, les analyses de laboratoire et l'administration d'oxygène. La Tshopo est aussi l'une des provinces de l'espace Grande Orientale où la riposte contre l'épidémie d'Ebola a été intensifiée, une riposte qui repose sur la chaîne du froid et sur des laboratoires en état de marche.
Le budget rapporté au nombre d'établissements donne une moyenne de vingt-cinq mille euros par site, panneaux, équipements biomédicaux et formation compris. Le projet prévoit en effet, au-delà du matériel, la formation du personnel soignant et la constitution d'un pool national d'ingénieurs biomédicaux chargés de la maintenance des équipements. " À travers ce partenariat avec l'OMS, nous soutenons une initiative qui relie santé, énergie et développement durable ", souligne Stéphanie Berry, chargée de la coordination et du suivi du projet.
Ce que l'électricité doit rendre possible tient en quelques gestes : un accouchement sécurisé et une intervention chirurgicale à toute heure, une chaîne du froid maintenue pour les vaccins, des analyses de laboratoire fiables, une oxygénothérapie administrée sans coupure. Le calendrier d'installation des cent sites n'a pas été rendu public.
D'autres projets solaires ont été engagés ces derniers mois dans le pays. La Tshopo a vu le lancement d'une centrale solaire de 5 mégawatts à Kisangani, et l'Ituri l'électrification de la cité de Mambasa par le PNUD.
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Source : https://beto.cd/oms-giz-electrification-solaire-100-etablissements-sante-rdc/
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